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Alice Rayers: Le serpent 2

Chapitre 2

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‘’Avec la Réalité, vivez dans la paix, la joie, et la sécurité’’.

La sécurité…il était vrai que, durant ces vingt-quatre dernières années, la société n’avait connu aucun désagrément susceptible de mettre en danger la vie d’autrui. Aucun incident grave, aucune guerre civile. Au-delà de ces vingt-quatre années, la plupart des accidents était le fruit du manque d’information sur le Fantastique. La Réalité n’avait pas encore en sa possession toutes les armes pour pouvoir résister convenablement à son pire Ennemi. A présent, les attaques du Fantastique se faisaient plus rares. Les missions pour éliminer les créatures surnaturelles et l’habilité des hommes les incitaient à se tenir loin de nous. Même si la Réalité restait prudente et continuait d’enseigner les arts du combat, le peuple vivait dans la paix, sans rencontrer de problèmes majeurs.

Jusqu’à aujourd’hui.

En ouvrant la porte, j’avais au début perçu des lumières vives, au loin, brillant sauvagement dans l’obscurité. Malgré la distance, elles étaient d’une intensité extrême. Elles m’avaient aveuglée, quelques secondes, me prenant au dépourvu. Lorsque ma vue s’était éclaircie et que les tâches bleutées avaient disparu, j’avais ensuite remarqué des filets de fumée s’échapper du paysage, pour aller s’évaporer dans le ciel.

Le paysage…

J’avais alors détaché mon regard du ciel sombre, pour le reporter devant moi, et courus dans cette direction.

Tandis que je me retenais d’hurler, j’essayais de m’éclaircir les idées, et comprendre cette situation inattendue. Tout d’abord, les lumières vives correspondaient à des flammes qui léchaient avidement le sol complètement brûlé, et pratiquement tous ce qui se trouvait aux alentours. Les décombres d’une maison y jonchaient, et je vis avec effroi un bras sortir des briques de toit. Je me précipitai aussitôt vers la personne, m’assis et écartai les briques le plus rapidement possible. Des cheveux gris apparurent, suivis d’un corps menu. Je le tirai par les bras du reste des décombres qui lui coinçaient les jambes. Avant même de le retourner, je savais de qui il s’agissait. Hugo avait les yeux fermés, la bouche ouverte et le teint plus pâle que d’habitude, où les flammes projetaient des ombres irrégulières. Sans conviction, je vérifiai son pouls et guettai un quelconque battement de cœur. Evidemment, avec son âge, il y avait très peu de chances qu’il soit encore en vie. Secouée par sa mort si soudaine, je le posai sur la terre sèche, autrefois si fertile, fermai sa bouche et mis en croix ses mains sur son torse. Je sentis une goutte sur ma tête. Il commençait à pleuvoir.  J’enterrerais plus tard le corps de ce vieil homme, que je saluais presque tous les matins, qui cultivait les violettes à la place de sa défunte femme et à qui je tenais compagnie de temps en temps, en lui racontant des petites histoires, lorsqu’il se sentait seul. Une marée de souvenirs me submergea douloureusement, et je sentis les larmes me monter aux yeux. Je les refoulai, refusant de pleurer tout de suite. Ce n’était vraiment pas le moment. Et moi qui ne voulais plus souffrir de cette façon ! Je jurai à voix haute en serrant mes dents. Je contemplai à nouveau le paysage dévasté au milieu des cris de douleur et de haine qui me poignardaient le cœur.

J’eus envie de devenir aveugle pour ne pas devoir supporter cet enfer absolu. Des cadavres recouvraient le sol, la plupart entourée de flammes qui envoyaient un éclat funeste sur les corps, comme sur Hugo. Çà et là, des parents pleuraient la mort de leurs enfants, des enfants pleuraient la mort de leurs parents, des réanimations désespérées étaient tentées. Des survivants s’enfuyaient en criant, d’autres prenaient les armes et s’écharnaient sur une ombre massive, ressemblant à un cheval, surmontée d’une autre silhouette, avec de longs fils d’or. Ce spectacle attira particulièrement mon attention. Les hommes qui faisaient face à ce mystérieux inconnu tombaient successivement comme des mouches, même ceux qui tentaient de l’attaquer par derrière. A l’exception d’un qui réussissait tant bien que mal à rester debout. En l’identifiant, mon cœur fit un bond et je me précipitai vers lui.

-Diego !

A peine l’ai-je appelé que je vis une hache voler dans les airs, vers ma direction. Elle s’approcha dangereusement, lame à l’avant, et je réussis à l’éviter de justesse en plongeant sur un côté. Je pris l’arme, devinant que j’en aurais surement besoin. Même si je ne voyais pas le visage de cette silhouette inquiétante aux fils d’or, je savais qu’il n’était pas un ennemi ordinaire. Même à ma place, je sentais clairement l’aura glaciale qui émanait de lui.

Je reportai mon attention sur Diego et vis qu’il me fixait d’un air surpris :

-Alice ?

En un rien de temps, il se retrouva face à moi, et l’ennemi disparut de mon champ de vision. Il s’avança, m’obligeant à reculer pour éviter d’être totalement collée à lui. Une filée de sang coulait le long de son visage, mais il ne prit pas la peine de l’essuyer.

-Va-t’en ! M’ordonna-il, paniqué (c’était bien la première fois). Tout de suite !

-Qu’est-ce qui se passe ?

-Rien de spécial, répondit-il après une légère hésitation.

-Tu me prends pour une idiote ? Réponds-moi franchement, comment cette catastrophe s’est-elle déclenchée ?!

Un homme chargea vers la silhouette mystérieuse avec un cri de guerre, mais fut projeté en arrière par un éclair gris. Sans aucun doute de la magie. Il s’effondra près de nous, inconscient, les yeux ouverts mais vides d’expression, et n’avait cependant aucune blessure physique. Je vérifiai son pouls, espérant que tout ne soit pas encore perdu. Mais le résultat fut le même qu’avec Hugo. Enfant, j’avais lu en cachette qu’il existait un sortilège qui pouvait tuer en un seul coup. Ce sortilège requérait une importante puissance magique, il n’était donc pas à la portée de tous de le maîtriser correctement. A la fin de ma lecture, je m’étais dit qu’un tel sort était trop cruel et n’aurait jamais dû être crée. Puis je m’étais rassurée en pensant que la magie était plutôt rare en ce monde, même avec la venue du Fantastique. Pourtant, une personne venait à l’instant de succomber à ce sortilège, devant mes yeux. Oui, il s’agissait de ce sortilège maléfique, c’était certain.

Tandis que je fermais lentement les paupières de la nouvelle victime et mettais ses bras en croix sur son torse, Diego se rectifia :

-Ecoute Alice, c’est vrai, ce qui se passe n’est pas rien, c’est très grave.

-Merci, je le savais.

-Mais, laisse-nous faire, ça va bientôt s’arranger. Toi, va à l’abri avec les autres…ou plutôt avec les survivants.

Je me contentai de le fixer, sceptique, puis m’avançai vers l’ennemi mais il me retint.

-Hé, Alice, tu ne m’as pas entendu ? C’est de l’autre côté qu’il faut partir !

-Laisse-moi, Diego. Je vais me battre aussi.

-Alors là, hors de question ! Ce gars est beaucoup trop dangereux. Tu l’as vu par toi-même.

-Raison de plus pour que je me batte.

-Je t’en prie, Alice… je sais que tu es forte, mais ce n’est pas le bon moment pour mettre à profit tes aptitudes. Tes chances d’y rester sont trop importantes ! Pour l’instant, il vaut mieux que tu t’enfuies, ou tu risques de subir le même sort que ces malheureux.

Je plantai mon regard dans le sien. Ses yeux exprimaient un fort message que je parvenais facilement à lire : ‘’Je ne veux pas te perdre’’.

J’étais fort touchée par son affection, mais je refusai de laisser cela déteindre sur ma détermination. Pas maintenant. Je gardai tant bien que mal mon air résolu.

-Diego, quoi que tu dises, je ne changerai pas d’avis. Il m’est impossible de partir en laissant derrière moi des gens, toi y compris, prêt à se sacrifier. Et tu te trompes, bien que cette personne soit très puissante, c’est le bon moment pour que je m’implique dans un réel combat. Je ne peux pas fuir ! Après avoir vu toutes ces victimes, je n’ai qu’une envie, et c’est de les venger.

-Mais…

-Je me moque de ce qui peut arriver à la Réalité, l’essentiel est de protéger le peuple. Et je suis prête à aller jusqu’au bout pour cela, quitte à mourir.

-Non, tu…

-Je sais que tu t’inquiètes pour moi, et c’est réciproque, dis-je d’un ton plus doux. Alors combattons ensemble. A nous deux, on pourrait réussir. On s’occupera des explications plus tard.

Il ne répondit pas tout de suite et nous écoutions pendant un instant les cris de douleur et de colère qui amplifiaient l’énergie qui bouillait dans mes entrailles. D’après ce que j’avais constaté, il n’y avait qu’un seul ennemi. Oui, on pouvait mettre un terme à ce carnage à nous deux.

Mon ami finit par soupirer et céder :

-D’accord. On va tenter quelque chose. Mais tu restes près de moi et…

-C’est bon, c’est bon, le coupai-je, sachant ce qu’il allait dire. Je ne tenterai rien d’imprudent, pas comme à l’entrainement. Et si on tentait la technique du clonage ? Ajoutai-je en souriant.

-Bonne idée, répondit-il en rendant mon sourire. Mon dieu, je n’ai jamais connu quelqu’un de plus têtue que toi…allez, on y va !

Malgré la rage croissante, je ressentais une certaine excitation. C’était la première fois que je me confrontais au Fantastique. Moi qui pensais que c’était quasiment impossible. J’abandonnai la hache et pris un couteau au sol. Ce serait moins difficile à manier et plus discret.

Je me plaçai derrière Diego et nous nous mîmes à courir de manière identique, à la même vitesse, jusqu’à ne sembler être qu’une seule personne. C’était comme si j’étais son ombre. Heureusement que j’avais attaché mes cheveux en chignon, évitant ainsi qu’ils volent dans le vent et deviennent visibles. Toute personne se trouvant en face de nous ne me verrait pas. J’imitai parfaitement Diego.

Alors que l’on approchait de la cible, j’entendis Diego me murmurer :

-Il nous regarde. Prépare-toi.

Très rapidement après, il bondit en l’air et je fis de même. Il brandit son arc, arqué d’une flèche, et tira. Evidemment, cela n’égratigna pas l’ennemi. J’ignorai comment il avait fait, ne l’ayant pas vu. Mais cela n’était qu’une diversion. Avant que Diego ne retombe au sol, je montai sur ses épaules et me projetai plus haut pour ne pas perdre de l’altitude, apparaissant soudain dans le champ de vision de l’homme.

Cet homme.

C’était lui, la cause de toute cette catastrophe, tous ces vies innocentes perdues à jamais.

Tout semblait se dérouler au ralenti. Je levai le couteau de cuisine et, avec un cri empli de rage, le lançai en direction de son cœur. Il ne réagit pas, surement surpris par ma venue inattendue. Rien n’arrêta l’arme qui lui transperça bel et bien sa poitrine…

Et passer de l’autre côté.

Entièrement.

Avant de retomber sur le sol.

Malgré le concert de bruit, je perçus parfaitement le tintement de la lame qui s’écrase sur la terre sèche, m’indiquant que je n’avais pas rêvé.

Non…non, impossible. Même s’il était très fort, même s’il était capable de tuer en un seul éclair, au sens propre… résister ainsi était tout bonnement impossible. Pourtant, c’était bel et bien arrivé… la magie rendait-elle aussi immortel ? Mais non, c’était idiot…alors pourquoi…comment…

-Libère-là !

-Hein ?

La voix de Diego me tira de ma torpeur et je remarquai que je n’étais pas retombée par terre. Je flottai littéralement dans les airs. La main de l’adversaire tendue vers moi m’informa que c’était lui qui me maintenait dans les airs. Il me prit ensuite par le cou, sans pour autant m’étouffer, et m’attira vers lui. Son visage ne fut qu’à quelques souffles du mien.

 Je pus enfin voir son visage précisément. Je laissai malgré moi une exclamation, mélangée de surprise et d’effroi. Sa peau, pâle comme la mort, était légèrement écailleuse, comme celle d’un reptile. Le contour de ses yeux était sombre, faisant ressortir ses iris verts d’une clarté sans pareille. Ses pupilles, par contre, étaient d’un noir obscur, tel un gouffre sans fond, et étaient verticales comme celles d’un chat.  Il avait deux feintes en guise de narines et des lèvres fines, presque invisibles. Les longs fils d’or étaient des cheveux blancs, dorés par la clarté de la lune. On pouvait également constater quelques rides sur le front, mais ça s’arrêtait là.

Il émanait de cette personne une majesté inquiétante, inhumaine. J’étais incapable de situer son âge. Il semblait avoir vécu durant plusieurs dizaines d’années, et à la fois d’être apparu récemment sur la Sphère.

Je constatai qu’il me fixait, lui aussi, de ses yeux étrangement verts. Pour être exacte, il me dévisageait. Je sortis enfin de ma stupeur et commençai à me débattre, essayant de le faire lâcher ma gorge. Mais je m’arrêtai en voyant ses lèvres s’ouvrir et en entendant une voix gutturale, caverneuse et légèrement sifflante y sortir

-C’est donc toi.

Il me lâcha mais je flottais toujours. J’essayai de redescendre, sans résultat.

-Libère-là ! Répéta mon ami.

L’homme ne lui accorda pas même un regard. Il m’observait toujours attentivement, me scrutant de la tête aux pieds.

« Allez-y, ne vous gênez pas. »

J’eus envie de lui cracher cette phrase au visage, mais ce n’était pas le plus important.

-Pourquoi vous en prendre à nous ? Qui êtes-vous ? Lançai-je.

-Comment t’appelles-tu ?

-Répondez-moi !

-Pourquoi ton aura est-elle si forte ?

-Quoi ? Que…

-Enfoiré ! Hurla Diego.

Il s’élança vers nous, une lance à la main. Sans détourner son regard de mon visage, l’homme fit un symbole avec son index et je vis avec horreur Diego projeté loin de nous et tomber lourdement.

-Non !

Il ne bougeait pas, semblait inconscient.

-Vous n’avez pas…

-Ne t’en fais pas, ma belle, il n’est pas mort. Il a seulement perdu connaissance, le temps que je m’occupe de toi.

J’éprouvai un immense soulagement et ne fis attention à sa remarque que quelques secondes après :

-S’occuper de moi ?

Cela ne pouvait signifier qu’une seule chose. Non, pas question que je disparaisse si lamentablement ! Je tentai de lui asséner un coup, puis plusieurs autres, mais j’avais plus l’impression de faire le singe dans le vide qu’autre chose. Je sentais que mes mouvements étaient limités et je n’arrivais même pas à l’effleurer, alors que nous étions si proches, comme si je me confrontais à une barrière.

-Calme-toi, ça va aller, dit-il en posant sa main sur mon front.

-Ne me touch…

Soudain, je sentis une douleur fulgurante me traverser l’esprit. J’eus l’impression que ce dernier volait en éclat, libérant peu à peu tous mes souvenirs. Je vis une multitude d’images se suivant successivement à une vitesse vertigineuse : papa, maman, Sofie, Austin , Erika, grand-mère, tonton, Becca, Armin, Josh, Mimi, Anna, Sasha, Seb, Jess, Sammy…

Peter…

Toute ma vie défilait violemment devant mes yeux, de ma naissance jusqu’à cet instant même. Il me sembla que le moment de la révélation durait plus longtemps, ce qui m’était pénible à supporter. Soudain, des lettres difformes apparurent et commencèrent à se placer horizontalement, formant un mot. Ce dernier s’éclaircit de plus en plus et je lus un prénom. Ce prénom qui me hantait et me hanterait éternellement. A la seule vue de ce mot, j’éprouvai une sensation de brûlure insoutenable, comme si on m’avait marqué au fer rouge, se propageant impitoyablement dans tous les membres de mon corps. Enfin, une image bien moins horrible se manifesta. Diego, cet être qui m’était si cher. C’était donc avec ce visage en tête que j’allais mourir ?

Non, cela ne pouvait être…

Peu à peu, tout disparut, les souvenirs, les images, la douleur du passé. Je me retrouvai dans un gouffre complet pendant une demi-seconde, avant de retrouver lentement la vue. L’homme réapparut dans mon champ de vision, ses yeux verts clairs mais d’une profondeur vertigineuse plissés dans un air surpris. S’il était là, cela signifiait que j’étais encore en vie. Pour l’instant. Un silence planait autour de nous. Nous n’entendions que la pluie qui tombait paisiblement. Je me rendis compte que j’avais la bouche grande ouverte et la refermai aussitôt. J’avais sans doute crié à cause de la douleur mentale. Je tournai la tête. Derrière moi, les hommes armés, les femmes, les enfants encore vivants nous fixaient, les yeux exorbités. Diego, en revanche, était toujours étendu par terre, inconscient. Que s’était-il passé ? Il était impossible que j’eusse imaginé toute situation de pure torture psychologique.

-Fantastique…dit la voix rauque de l’homme.

Je reportai mon regard sur lui. Son expression avait changé, passant de la surprise à l’émerveillement. Ses yeux étaient agrandis, ce qui m’intimida malgré moi.

-De…quoi ? Parvins-je à souffler.

-Tu es absolument fascinante…tu dois tenir beaucoup rancœur à la Réalité… Alyana.

En l’entendant prononcer ce dernier mot, je me sentis nue et foudroyée.  Je faillis succomber d’un arrêt cardiaque. Mon cœur cogna violemment dans ma poitrine, comme s’il voulait s’échapper de ma cage thoracique.  Mes oreilles sifflaient, mes membres se pétrifièrent brusquement, mes poils se hérissèrent. Ma tête tournait douloureusement. L’univers semblait basculer dans un autre monde, un monde où ne régnaient que mort et désolation. Mes craintes resurgirent dans mon esprit, telles des loups affamés, accentuant de façon lancinante mon mal de crâne. Le moment où mes peurs deviendraient réalité, où je serais entièrement seule, livrée à mon misérable existence, me sembla soudainement inévitable. Je commençai à frémir et ne pus contrôler mes tremblements. Il me sembla comprendre ce sentiment que l’on éprouve lorsque l’on sait que la mort n’est qu’à quelques pas. J’entendis brièvement des exclamations de stupeur derrière moi. C’était trop tard. A présent, je ne pouvais plus leur cacher. Je n’avais plus rien à perdre.

Une rage gronda en moi, comme un volcan bientôt en éruption, que je ne pris pas la peine de cacher.

-Comment ? Comment connaissez-vous mon prénom ?!

Les cris se firent plus intenses. Je me remémorai ce que je venais de vivre, et compris.

-Vous avez osé…

-Il le fallait bien, je me devais de savoir qui tu étais.

-Vous n’aviez pas le droit de fouiller dans mon esprit !

J’ignorais totalement la façon il avait procédé pour réaliser un tel exploit, mais seule l’indignation et la fureur comptaient pour moi.

-Je ne regrette pas de l’avoir fait, au contraire. Tu es une personne tout à fait remarquable.

-Gardez vos compliments, lui crachai-je, la voix tremblant de haine.

-Tu es douée en tout, que ce soit aux tâches qu’une femme se doit d’accomplir ou au combat. Ton esprit est très ouvert et regorge de flux de connaissances digne d’une encyclopédie, tu es capable de faire preuve d’un sens de maturité sans pour autant être ennuyeuse, tu as un caractère d’une simplicité et d’un naturel peu communs. La façon dont tu mènes ta vie te diffère aussi des autres femmes. Et par-dessus tout, tu sais écrire et a même un deuxième prénom.

Je n’avais pas besoin de me retourner. J’arrivais à sentir les regards horrifiés dans mon dos. C’était fini. Au seul moment où je ne m’y attendais pas. Désormais, même si on réussissait à tout remettre dans l’ordre, je ne pourrais plus vivre parmi eux. En un rien de temps, mon quotidien s’était écroulé. Quelque part, au fond de moi, une petite part de moi me criait de ne pas abandonner, de résister. Mais, quel que soient mes efforts, je me sentais éreintée, vidée de toute énergie.

Soudain, une voix puissante fusa parmi les murmures incessants.

-Prépare-toi, misérable !

Derrière l’ennemi se tenait le Maître, droit, l’épée étincelante à la main. Pour la première fois, l’homme mystérieux prit la peine de détacher ses yeux de moi durant quelques secondes. Puis il me libéra et je tombai par terre.

-Accorde-moi quelques minutes, me susurra-t-il.

Sa monture fit un demi-tour pour faire face au Maître. D’ailleurs, où était-il depuis tout ce temps ? Comment avais-je pu omettre le fait que lui pouvait venir à bout de notre adversaire, que tout n’était pas perdu ?

-Donc c’est toi qui a fait tout ce carnage, lança-il.

-Tu es plus fort que les autres.

-Alors tu ferais mieux de t’inquiéter !

Le Maître chargea et dessina un arc de cercle avec la lame de son épée, à la hauteur de la gorge de l’ennemi. Ce dernier ne bougea pas mais ne reçut aucun dommage.  Le Maître enchaîna avec plusieurs attaques de tous les côtés, à la vitesse de l’éclair. Impossible de le suivre des yeux, on pouvait seulement percevoir des jaillissements blancs mis en valeur par la pénombre dominante. Je n’avais pas l’impression que l’homme tentait d’esquiver.

Il se contentait de rester immobile, comme si rien ne se passait. Seuls ses cheveux blancs virevoltaient légèrement au contact de la brise du vent.

Soudain, les mouvements s’arrêtèrent. Je vis les épées des deux adversaires grincer l’un contre l’autre. Le visage crispé du Maître contrastait avec l’expression calme de son opposant. D’où avait-il sorti son arme ? Sûrement par la magie. Mais quand en avait-il eu le temps ? J’étais convaincue que la rapidité des attaques du Maître ne lui avait laissé aucun instant de répit…

De sa main libre, il fit un geste qui propulsa le Maître en arrière.

-Ton épée me plaît. Bien trop magnifique pour quelqu’un comme toi.

-Ferme-la !

Je n’aurais jamais imaginé qu’il puisse s’emporter autant. Il s’élança de nouveau mais, alors qu’il n’était qu’à quelques centimètres de l’homme, fut tout à coup arrêter dans sa course. Ses pieds se détachèrent lentement du sol et il flotta jusqu’à ce que son visage parvienne  à la hauteur du son ennemi.

-Eh ! Mais…

De nouveau, l’homme posa une main sur le front du Maître et un hurlement inhumain déchira la nuit.  Les yeux de la victime se révulsèrent et son corps se tordit violemment sous l’effet de la douleur. Ce spectacle monstrueux me pétrifia sur place, s’ajoutant au souvenir de la souffrance que j’avais aussi endurée.  Ressemblais-je à lui, il y a quelques instants de cela ? Surement.

-Arrêtez…

Mais ma stupeur transforma ce mot en un simple souffle à peine audible.

Le cri cessa soudainement et le Maître reprit peu à peu conscience. Enfin ! Mes épaules qui s’étaient contractées se relâchèrent avec un soupir de soulagement.

-Qui aurait cru cela ? L’homme que vous prétendez être le plus puissant de tous n’est qu’un simple lâche. Se réfugier ainsi chez la Réalité et revenir seulement quand on l’ordonne sous peine de mort. Quelle déception.

Pardon ?

Le Maître émit seulement un râle rauque. Il semblait éreinté, au bord de l’évanouissement. Serait-il possible que cette expérience l’eusse été plus éprouvant que pour moi?

 Je n’eus pas le temps de m’attarder dessus plus longtemps.

-J’en ai fini avec toi.

Je ne vis rien venir.

Je pense que personne n’en était capable.

La demi-seconde qui suivit, la tête du Maître reposait par terre, à côté de son corps inerte. Il avait gardé la même expression du dernier moment de son vivant. Un visage déformé par l’incompréhension, les yeux grands ouverts, la bouche formant un O.

Mais plus rien ne l’animait.

Le sang qui coulait de la lame de l’homme m’informa qui était responsable de cette mort si brutale, si inattendue…

Tellement inattendue que je n’arrivais pas à y croire…

Je n’aurais jamais imaginé cela possible.

-Je le croyais plus fort.

La voix du vainqueur m’avait paru lointaine, comme dans un rêve.

Mais ce n’en était pas un.

La réalité.

Le Maître, vaincu,

mort,

le Maître, l’homme le plus puissant,

l’homme que Diego avait juré de surpasser quelques heures plus tôt. Plus jamais nous ne l’entendrions vanter ses exploits, plus jamais nous ne le verrions montrer fièrement sa stature imposante. Il avait disparu à jamais. Mort, battu.

Les pas du cheval se rapprochèrent de moi, tandis que j’étais toujours agenouillée par terre, incapable d’émettre le moindre geste.  Ce ne pouvait être qu’un rêve. Un cauchemar.

Une pensée redonna libre court à mes mouvements et remit mon cerveau en marche. Je me retournai vivement vers mon ami. Comment pouvais-je être sûr que cet homme, capable d’accomplir n’importe quel acte barbare sans ciller, n’avait pas tué Diego ? Il n’y avait aucune preuve qu’il eût dit la vérité, bien au contraire !

 Je me relevai et courus vers lui, puis soupirai aussitôt de soulagement. Sa poitrine s’abaissait au rythme de sa respiration, comme s’il dormait tranquillement. Un air légèrement crispé maquillait ses traits fins, comme s’il faisait un cauchemar, mais c’était déjà mieux que ce à quoi j’avais redouté.

Un petit cri de femme me fit sursauter et je vis une ombre s’allonger sur le torse de Diego. Je me retournai pour découvrir l’homme, qui avait quitté pour la première fois son cheval. Il me dominait de toute sa hauteur, et je remarquai à quel point il était grand.  1m90, 2m peut-être.

L’aura glaciale devenait de plus en plus étouffante. Ses yeux verts transperçaient impitoyablement l’obscurité, tandis que sa bouche s’ouvrit, et je remarquai un mouvement à l’intérieur.

Ses lèvres s’entrouvrirent un peu plus. Ce quelque chose sortit brièvement avant de se contracter de nouveau et disparaitre. Ce quelque chose provoqua des hurlements terrorisés. La petite seconde de l’apparition avait suffi pour permettre à tout le monde d’apercevoir de quoi il s’agissait. Je tremblai d’effroi, trop épouvantée pour émettre le moindre son.

Cet homme avait un petit serpent, vivant, gris dans sa bouche, à la place de la langue. Ce serpent émit un sifflement sinistre qui me glaça de terreur.

Et pourtant, malgré ce spectacle horrifiant, ce qui suivit me parut bien plus effrayant.

Les paroles les plus inattendues franchirent la barrière de ses lèvres et tranchèrent au milieu de la voix des habitants.

-Je te veux. Sois mon épouse, à jamais.

A suivre…

Gintama

Gintama dans Mangas manga-2660-300x225

oups, euh c’est plutôt ça…

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Résumé:

A l’époque d’Edo, les samouraïs étaient respectés de tous mais l’arrivée des Amanto, sortes d’alien, a provoqué la quasi-disparition des samouraïs ainsi que l’interdiction du port d’épée. Néanmoins, un jeune homme nommé Sakata Gintoki décide de ne pas faire attention à cette règle et mène sa vie comme bon lui semble. Avec ses deux compagnons, Shinpachi et Kagura, ils travaillent en tant que freelancer, c’est-à-dire accepter n’importe quel boulot pour rendre service.

Critique:

Il n’y a qu’un mot pour décrire ce manga: DE-JAN-TE.

Je n’ai jamais vu une série aussi dingue! L’humour est omniprésente, donnant des situations complètement inattendues et ridiculement rocambolesques!

Les personnages, sans exception, ont un côté dinguo qui leur est propre, que ce soit un caractère dangereusement sadique ou bien une adoration sans limite pour la mayonnaise. Le personnage principal, Sakata Gintoki, est l’anti-héros par excellence: adulte irresponsable, complètement flemmard,, rarement poli et parfois insensible (enfin, quand il s’agit de choses pas très importantes). On peut tout de même dire que c’est une partie de son charme… l’autre partie est constitué par le fait qu’il sache être sérieux, de temps en temps, et sorte des répliques magnifiques:  »Jusqu’à ce que mon corps s’effondre, je me contenterai de vivre en me tenant droit! »  Rassurez-vous, bien qu’il puisse être peureux, il tient beaucoup à ses amis et est prêt à tout pour eux. Donc vous comprendrez facilement pourquoi tout le monde l’aime. Ne vous inquiétez pas, les autres personnages sont tous aussi bizarres, ce qui les rend attachants! Les relations qu’ils entretiennent ajoutent une touche d’humour en plus. .

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Mon perso préféré est Okita, le roi des sadiques! Derrière son visage calme et mignon se cache un être sans pitié qui ne désire que tuer son supérieur pour prendre sa place…

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Pour moi, Kagura est mon héroïne préférée parmi tout manga confondu! Elle est vraiment adorable, mais sait aussi devenir hyper badass… comme elle vient du clan le plus fort, il se peut qu’elle soit le personnage le plus fort du manga…Gniark… Et comme c’est une fille de seulement 14 ans, il lui arrive d’être enfantine, ce qui me fait troooop craquer! Il lui arrive d’être sadique, mais on sait également qu’elle est prête à tout pour défendre ceux qui lui sont chers, quitte à combattre sa propre famille…

Et puis, elle est tellement différente des autres héroïnes qui nous font complexer… non Kagura est comme nous: (attention propos vulgaires à l’horizon): elle pète, elle vomit (c’est d’ailleurs la première héroïne à vomir du Shonen Jump…elle est la meilleure ma fille!), elle fait caca… Oui, les garçons, nous aussi, les filles, il nous arrive de faire nos besoins.

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Ce qui est super, c’est que TOUTES les filles ont un fort caractère! Bref, il sera peut-être difficile pour certains d’entre vous d’avoir un seul personnage préféré, parce que tous (à part quelques méchants) sont vraiment attachants, ont une personnalité qui leur est unique! En parlant des méchants, le manga raconte leur histoire pour expliquer la raison de leur choix de nuire aux autres. Certains antagonistes sont méga charismatiques, mais n’apparaissent qu’en de rares occasions….

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En fait, pour vous dire la vérité, je considère les persos comme mes amis…c’est pour vous dire combien ils ont l’air vivants! Si je pouvais vivre dans un manga, ce sera sans aucune doute Gintama: l’univers est ultra fun, j’ai trop envie de vivre des aventures avec les Yorozuya et le Shinsengumi, et c’est pas (trop) dangereux!

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Mon duo préféré est Okita et Kagura… un couple de sadiques, que demander de plus? Franchement, ils se chamaillent chaque fois qu’ils se voient, mais lorsqu’ils se battent ensemble… je suis au paradis… leur relation se développe un peu et on voit bien que, même s’ils disent qu’ils se détestent, ils deviennent de plus en plus proches! 

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…ou pas.

Le lien qui unit les Yorozuya me touche particulièrement, on dirait une petite famille, ils sont prêts à se protéger mutuellement! Ça me met parfois les larmes aux yeux!

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Dans l’anime…bon sang de banzai, les voix correspondent parfaitement aux persos!!!! C’est juste parfaitement excellent! J’adore la voix nonchalante de Gintoki, j’adore la voix enfantine de Kagura avec son accent -aru (je craque littéralement), j’adore la voix virile d’Hijikata (même seiyuu que Zoro de One Piece), j’adore la voix d’Okita, j’adore la voix de Katsura (Zura ja nai, Katsura da!)…j’adore même la voix de Sadaharu, le chien!

 Le concept des Amanto et du port interdit de l’épée s’estompe au fil de l’histoire, ce qui n’enlève en rien la réussite de ce manga.

Les arcs sont courts, mais réussis: une bonne dose d’humour avec des combats d’un rythme très soutenu, une histoire bien recherchée, une morale parfois… Un autre point fort de Gintama, c’est qu’il arrive de faire un arc entier sur un sujet complètement idiot, et le rendre captivant, émouvant, badass!

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(parodie du manga Hajime no Ippo)

Le fait que Gintama parodie aussi certains autres mangas connus comme Bleach ou Dragon Ball est une excellente idée! L’humour est également basée sur les jeux de mots et est très nippone, donc il faut peut-être un minimum de connaissances japonaises pour comprendre (mais grâce à des teams de traducteurs qui prennent le temps de nous mettre des anecdotes au long des épisodes, on comprend bien. Un énorme merci à eux!!!)

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Ce qui peut le différencier des autres shonen, c’est peut-être la présence des héros peu communs, ils ne crient pas le nom de leurs techniques durant les bastons et se contentent de défoncer l’autre, ce qui rend les combats plus réalistes, et aussi… ZERO FAN SERVICE!!! Les filles sont habillées de façon décente, tout en étant élégantes ou même très classe. Et ça, je remercie vraiment l’auteur, parce que plusieurs mangas sont tombés dans mon estime à cause du fan-service excessif (fairy tail…)

Toutefois, même si la présence de fous rires est fortement garantie, certaines scènes sont susceptibles de vous mettre la larme à l’œil. Vous pourrez être très émus par certaines situations! Et mine de rien, Gintama est un manga assez cruel également…parce que, quand un personnage meurt, ben c’est pas du flan, il meurt vraiment…Mais c’est également magnifique, très mignon!

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Quelques combats sont aussi au rendez-vous, mais ne vous attendez pas à du trop sérieux, car il y aura toujours quelqu’un pour détendre l’atmosphère! Mais ça n’empêche pas que ce soit badass! Il arrive également que les persos, de nature complètement stupide, entre dans une phase de rage et devenir presque méconnaissable… et là, y a rien de plus épique…

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Je reprocherai peut-être les scènes un peu prévisibles mais ce n’est qu’un petit point qui n’enlève en rien le charme de Gintama! Il y a tout de même des situations tellement ridicules, absurdes qu’elles en deviennent imprévisibles!

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Il y a aussi certains moments où c’est sérieux, mais à cause de l’humour omniprésent, on ignore si ça l’est vraiment!

Un autre truc qui est dommage, c’est que comme il y a pas mal de morts…oui, je ne sais pas comment dire ça autrement, c’est triste mais lors des épisodes suivants, on les oublie et on ne les mentionne plus alors qu’ils sont plutôt attachants T.T

Les génériques sont absolument sublimes, et montrent très bien le côté énergique de l’anime! 

Image de prévisualisation YouTube

Note de l’anime:

19/20

L’anime suit bien le manga et pour l’instant, celui-ci a une bonne longueur d’avance. Il se passe vraiment beaucoup de choses, plus l’histoire avance, plus elle devient concrète, notamment grâce à la venue de nouveaux personnages… ce qui apporte une bonne dose de combats épiques, à couper le souffle!

Voilà, ce manga a vraiment TOUT pour moi!

Si vous voulez avoir de bons fous rires, déstresser, ou bien simplement passer du bon temps, alors ce manga est fait pour vous!! Franchement, sans exagérer, ce manga est une vraie perle!

S’il y a bien une chose à faire si la fin du monde était pour demain, ce serait de le regarder! Perso, je préfère parfois revoir les épisodes plutôt que de découvrir de nouveaux mangas! Lorsque vous entrerez dans l’univers de Gintama, vous ne pourrez plus en ressortir!




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