Archive mensuelle de mai 2015

Gintama-Kanketsuhen: Yorozuya yo eien nare: The BEST Anime Film!!!

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Il s’agit du deuxième film de l’anime Gintama, le premier étant un remake de l’arc Benizakura. 

Un personnage des plus étranges entraîne Gintoki dans un futur de cinq ans plus tard, où il découvre qu’Edo n’est plus que ruines et désolation. Un tiers de la population mondiale est mort à cause d’un virus mystérieux appelé  »la peste banche ». Pour éviter d’y succomber, les plus riches sont partis sur d’autres planètes, et il ne reste sur Terre que les pauvres et ceux qui veulent profiter de l’absence de loi. Gintoki rencontre les Shinpachi et Kagura du futur, et découvre également qu’il est dit mort dans cet avenir catastrophique…

Alors il est rare qu’un film animé me plaise autant. Il est sans doute mon préféré!

On retrouve sans mal les caractéristiques basiques du manga, notamment les situations imprévisibles qui s’aboutissent souvent à un truc complètement loufoque, qui détruit avec brillo le sérieux de la scène. En effet, malgré la situation critique, les personnages réussissent à nous faire rire! Et ajoutons que le film commence de manière assez inhabituelle…mais originale.

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En parlant des persos, comme c’est cinq ans plus tard, vous vous doutez qu’ils ont pas mal changé: il y en a pas mal qui sont devenus quasi méconnaissables, tant par le physique que le caractère (Shinpachi qui devient plus sombre, et essaye d’abandonner ses réparties o.o). Vous risquez d’être pas mal surpris! Cependant, bien sur, il y en a qui ont connu une évolution déplorable, comme Catherine… Celle de Kagura m’a pas mal bluffée: ça se comprend si on s’est habitué à la petite fille enfantine qui passe son temps à se goinfrer.

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Le Shinsengumi est aussi pas mal changé…ou bien ils ont TROP changé! Et Elizabeth…no comment.

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J’ai particulièrement été subjuguée par le nouveau style d’Okita, qui devient de plus en plus classe, mais qui n’a rien perdu de son sadisme légendaire!

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Bon, n’oublions pas que l’histoire parle de virus mortel, ce qui signifie que certains de nos amis sont touchés…

Donc Gintoki va mener son enquête pour voir comment il va faire pour s’en sortir, et va aller de surprise en surprise, de révélations en révélations…

C’est ça qui est cool, c’est hilarant, mais ça n’empêche pas de nous prendre au dépourvu, de nous briser le coeur tellement ça peut être triste…

Même si Shinpachi et Kagura ont bien changé, le trio Yorozuya est indestructible, et c’est avec plaisir que l’on retrouve nos héros préférés!

Bref, qui dit Gintama, dit badass, dit donc…combat final, évidemment! Et franchement…WOW! C’est vif, c’est haletant, l’ambiance est à la fois sombre et captivant…Pour éviter de spoiler, j’écris en plus petit:

Donc au début, c’est triste, puisque Shinpachi et Kagura apprenent que Gintoki va faire en sorte de disparaitre, en remontant le temps jusqu’au moment de la guerre de Joi pour se tuer lui-même…c’est triste, c’est injuste…surtout quand on voit Gintoki se poignarder le lui-même du passé…jusqu’à ce qu’on découvre qu’il s’agit de Madao T.T Bref, tous les persos débarquent dans le passé pour entamer un fight dans il y avait 15 ans! Sur le champ de bataille de la guerre des Joi! Avec la musique Genjou Destruction de Spyair, qui rend l’action encore plus badass, plus épique! Surtout la combi Yorozuya-Shinsengumi! C’est juste excellent! Etant particulièrement fan du duo Okita-Kagura, imaginez comme j’ai été heureuse quand ils se sont battus ensemble!!!!!!

Bon, puis la fin. Franchement, c’est l’un des plus beaux dénouements qui m’ait été donné de voir!

C’est émouvant lorsqu’ils se quittent, lorsque Gintoki leur dit qu’ils se reverront quoi qu’il arrive… On a les larmes aux yeux, on pleure, et là…tout le monde disparait sauf Shinpachi…seul ses lunettes sont partis…Jusqu’à la fin ce sera du n’importe quoi!!! Et puis, la chanson Pray montre qu’ils sont retournés dans le présent, tout au début du manga.

Ainsi, ce film complète à merveille l’anime principal!

Bref, ce film est bourré d’émotions et est parfaitement à la hauteur du manga! En ce qui concerne les persos, même s’ils sont devenus vachement forts, je les préfère dans le présent: ils sont bien plus idiots!

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Fête des mères: une idée de cadeau pour la femme la plus belle

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Salut salut, comme vous pouvez le constater ce petit article sera consacré à nos mamans chéries…plus précisément, je vous propose une petite idée de cadeau si vous ne savez pas quoi faire.

C’est vrai, on peut acheter un petit truc joli comme un bijou, mais pour ma part, je pense qu’un cadeau fait par nous-même est plus original et intéressant. Ca fait toujours plaisir de recevoir un cadeau personnalisé de quelqu’un qu’on aime, non? On sait qu’il y a passé du temps, ce qui est déjà une grande preuve d’amour. Et je ne pense pas que votre maman vous ait donné de l’argent de poche pour lui acheter quelque chose, mais plutôt pour le garder et vous faire plaisir.

Bref, assez de leçon de morale, j’insiste sur le fait que je n’ai rien contre les bijoux bien sur (alors ne quittez pas s’il vous plait…)!

Donc, comme je suis fan du Japon et que je trouve la langue très belle, j’ai eu l’idée d’inscrire au milieu d’une feuille blanche , à la peinture noire, le kanji du mot « Amour« :

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Vous pouvez également ajouter le kanji qui signifie « Maman« :

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Autour, vous pouvez faire n’importe quel dessin: des coeurs, des étoiles, Tinkie Winkie, Dipsy, Lala, Po…tout ce que vous voulez. Pour ma part, j’ai dessiné des (sortes de) pétales de roses et des feuilles vertes qui virevoltent avec un petit papillon, en utilisant encore de la peinture, pour donner une atmosphère naturelle et apaisante (et non, pas de télétubbies, ça vous étonne, hein?) Vous pouvez mouiller votre pinceau pour faire un peu de peinture aqueuse, ce qui peut rendre les dessins plus agréables à regarder.

J’ai ensuite peint la feuille en rouge, la couleur de l’amour. Le bleu peut aussi répresenter la couleur du ciel, pour comparer votre maman indirectement à une déesse, ou le rose pour évoquer sa beauté, sa grâce…bref, boostez votre imagination!!

N’hésitez pas à signer aussi, en katakana, qui est la forme d’écriture japonaise spécialement pour les noms non japonais. Ce site vous aidera à traduire votre prénom en katakana: ici

A la fin vous pouvez aussi la plastifier.

Mon cadeau donne ça:

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Oui, bon, j’ai pas de talents artistiques, et alors?

Voilà, j’espère que cette petite idée vous a paru originale, et même si, comme moi, vous n’êtes pas doué en peinture, on s’en fout! Ce qui est sur, c’est que peu importe le résultat, votre maman sera vraiment touchée par votre surprise et le trouvera beau quoi qu’il arrive, puisque ce sera fait par la personne qui lui est la plus chère.

Sur ce, Sayonara!!

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Terra Formars

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Résumé:

Dans un futur pas si éloigné que cela, les vivres commencent à manquer sur Terre. Les scientifiques décident donc de coloniser Mars. Pour cela, ils la terra-forment. Ils envoient une quantité immense de cafards, afin de pouvoir rendre la planète habitable. Environ 400 ans plus tard, des astronautes sont envoyés pour vérifier l’évolution des choses.

Mais tout ne s’est pas passé comme prévu car, même si Mars est en voie de devenir une terre telle que la nôtre, avec un sol fertile, ce dernier est à présent habité d’êtres mutants, mi-humains…mi-cafards. Comme ils conservent leurs aptitudes d’insectes, ces dernières sont renforcées à l’échelle humaine, ce qui leur permet d’être dotés d’une force extraordinaire! Et pour couronner le tout, ils ont l’air d’être déterminés à tuer tous les êtres humains.

Quelques années plus tard, dans les années 2600, apparaît un virus mystérieux qui fait de nombreuses victimes. Le remède semble se trouver sur Mars, et pour cela, les astronautes du monde entier n’ont pas d’autres choix que de se mobiliser pour le trouver, et également découvrir la raison de la mutation inexplicable de ces cafards…

Critique:

Pour tout avouer, l’histoire ne m’avait pas vraiment intéressée, mais ça fait un bail que je ne me base plus que sur le résumé. 

J’ai regardé les neuf premiers épisodes de l’anime et, même si je savais qu’il avait un fort potentiel, je n’arrivais pas à être vraiment dans l’histoire. Surement à cause de la censure…

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Franchement, le jour où vous arriverez à apprécier un anime à sa juste valeur lorsque votre écran est à quasi-totalement noir, faites-moi signe!

Bref, alors rien de mieux que le manga, et, mon dieu, la qualité est bien meilleure! Personnellement, je me suis sentie plus happée par cet univers cruel entre les pages.

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L’histoire est très bien exploitée, bien recherchée, on comprend tout de suite l’étrangeté de la situation. Et puis, on a affaire à un ennemi des plus surprenants: le cafard! Nous qui n’hésitons pas à les écraser, eux, à présent, s’en fichent bien de massacrer des humains. Et le résultat est bien dégueulasse… En effet, ce manga est particulièrement gore, les passages de massacre sont explicitement montrés, sans aucun détour. Alors amateurs de boyaux, ce manga est fait pour vous!

Le graphisme est vraiment magnifique, les cafards très réussis! Leur apparence humanoïde nous donne des frissons, c’est assez angoissant, surtout lorsqu’on les voit déployer leur force… De plus, ils sont dotés d’une intelligence qui les rend encore plus redoutables.

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…N’est-il pas adorable?

Et puis, l’histoire a un côté plutôt réaliste, puisque cela se passe dans un avenir où les ressources s’épuisent considérablement, donc qui sait, ça peut nous arriver!

Lorsque je vous dis que ce manga est cruel, c’est qu’il l’est VRAIMENT! Tiens, vous voyez ce personnage super fort et ultra badass? Eh bien, vous ne saurez jamais quand il va mourir, et c’est à cause de ça que vous frôlez souvent la crise cardiaque. Faut dire, que l’action se passe ultra vite, montrant parfaitement la vitesse effroyablement surhumaine de nos amis les cafards. De ce fait, un évènement peut survenir d’un coup, pour notre plus grand désespoir…vous ne manquerez pas d’être dégoûté…

Bon, faut pas être trop pessimiste, il y a aussi quelques éléments qui nous donnent un peu d’espoir. Tiens, par exemple, pour les personnages: la grande plupart d’entre eux sont assez attachants, on éprouve facilement de l’affection pour eux. De plus, ils sont bien développés, le mangaka prend le temps de raconter leur passé, pour que l’on prenne conscience des raisons qui les poussent à lutter contre les cafards, pour le bien de l’humanité, de leurs proches. En plus, ils sont de nationalités issues du monde entier, ce qui crée une grande diversité.

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Et, oh mon dieu, qu’est-ce qu’ils sont classes!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! Mieux que Spider-man! En effet, puisque les capacités d’un humain normal ne suffit pas pour vaincre un cafard de taille humaine, il faut modifier les capacités. Pour cela, les scientifiques donnent à des humains qui le peuvent les aptitudes d’un insecte distinctif.  Le concept est original, on apprend bien que les insectes sont bien plus forts qu’on pourrait le penser et c’est intéressant de voir de quoi peut être capable un humain avec les pouvoirs d’une autre espèce.

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Et cela aboutit à des combats d’un rythme haletant, complètement dantesques, bourrés de suspenses, incroyablement vifs, vraiment imprévisibles…

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Beaucoup de personnages apportent son lot de surprises lorsqu’ils doivent se battre, et c’est franchement trop badass!!

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Et puis, même si l’histoire est très sombre, il y a tout de même une touche d’humour qui rend le manga moins lourd (et heureusement, parce que je ne sais pas si j’aurai la force de suivre…)

Note:

17,5/20

Si vous êtes une âme sensible, ce manga n’est clairement pas fait pour vous, mais si vous n’avez rien contre les bastons très violents mais vraiment intéressants, avec une histoire réaliste, n’hésitez pas, FONCEZ!

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Nadia et Ersa: Chapitre 5

Nadia et Ersa: Chapitre 5 dans Histoire: Nadia et Ersa manga-3170-300x199

-Non.

La réponse fut brute et claire. Ayam resta sans voix devant elle. Si on l’avait annoncé quelques secondes plus tôt qu’une fille refuserait les avances du prince, il ne l’aurait pas cru. Il avait d’abord pensé avoir rêvé, avoir mal entendu, mais la mine choquée et effondrée du prince était bien réelle. C’était la première fois qu’il lui voyait un tel air. Il sentit quelque chose se briser au fond de lui. Bien qu’il subisse tous ses caprices, il était certain que le prince était un homme bon, aussi avait-il décidé de lui être fidèle et le soutenir face à tous les obstacles. Peu à peu, il avait alors développé en lui une sorte de tendresse pour son maître. Bon, il devait avouer qu’il était quelque peu soulagé de voir les deux Combattants. Eux, en particulier le capitaine, pourrait ramener le prince au château. Son amitié envers Felic n’avait d’égal que l’intimidation que lui inspirait le capitaine.

Il devait également avouer que le caractère enfantin du prince l’amusait et en aucun cas, il ne voulait qu’il soit blessé, physiquement ou moralement.

Il ne put s’empêcher de fusiller la femme du regard. Cette dernière dut percevoir le malaise qui s’était installé dans le groupe car elle s’excusa, en se tortillant les poignets :

-Je veux dire… je suis extrêmement navrée d’avoir fait preuve d’indélicatesse. Voyez-vous, vous m’avez tellement surprise que je ne sais que dire. Pardonnez ma maladresse, je vous en prie.

Sa voix douce avait un timbre mélodieux qui ajoutait une touche d’attendrissement dans ses paroles. Ayam sentit l’atmosphère devenir beaucoup moins lourde.

Les yeux dans ceux de cette demoiselle Ersa, le prince retrouva le sourire, sans pour autant pouvoir dissiper le feu qui enflammait ses joues. Le serviteur pouvait même remarquer une goutte de sueur couler le long de sa tempe. Il sourit à son tour, mais discrètement.

Pensant sûrement que le prince avait perdu l’usage de la parole, Felic intervint à son tour.

-Ne vous inquiétez pas, il est normal que vous soyez prise au dépourvu. Notre prince a tendance à…comment dire, ne pas passer par quatre chemins. Sa franchise à toute épreuve est également une partie de son charme, n’est-ce pas ?

La jeune femme hocha de la tête en signe d’acquiescement, sûrement par pure politesse qu’autre chose. Ayam devait avouer qu’elle était vraiment ravissante. Elle possédait quelque chose qui la faisait ressembler à ses nobles dames qu’il rencontrait quotidiennement, dans ses manières et sa posture, mais également quelque chose qui la démarquait d’elles. Une absence d’orgueil sûrement. 

Ayam avait remarqué le garçon. Il lui était difficile de croire qu’il s’agissait du frère de la fille. Il avait des cheveux et des yeux sombres, avec un teint basané. Il s’était demandé s’il était juste de laisser un jeune adolescent avoir une vie difficile de paysan tandis que lui était nourri et logé au palais. Lorsqu’il avait échangé un sourire avec lui, il l’avait tout de suite trouvé sympathique. Il s’en voulait de lui faire subir une telle situation et souhaitait qu’il rentre chez lui pour laisser tout cela derrière lui.

Un mouvement derrière le garçon attira son attention. La porte de la maison s’ouvrit dans un petit grincement aigu et une femme apparut. Elle ne se tenait pas droite et semblait s’aider de la poignée pour se redresser tant bien que mal. Elle avait des cheveux bruns et des yeux d’un gris fatigué. Ayam fut surpris de voir à quel point les os pointaient sous sa peau et ses pommettes creuses. Malgré sa maigreur maladive, elle affichait un mince sourire.

En la découvrant dehors, la demoiselle Ersa et le garçon accoururent vers elle et passèrent un bras autour d’elle de chaque côté pour la soutenir.

-Mère, que fais-tu ici, il faut te reposer ! S’exclama la jeune fille d’un air aussi inquiet que sa voix.

-J’entendais…parler…bonjour, ajouta-elle en se tournant vers les nouveaux venus.

Soudain, ses yeux s’écarquillèrent et Ayam eut peur qu’ils ne sortent des orbites. Sa peau pâlissait à vue d’œil et elle trembla en portant  la main à sa bouche, comme en proie à une vive émotion. Oui, c’était certainement le cas. Intrigué, Ayam suivit son regard…qui se portait sur le capitaine.

***

Juste avant que la dame n’inspira un bon coup afin, semblait-il, de se maîtriser, Jyle avait également remarqué le bouleversement qui s’était peint sur son visage. En parlant de cela, malgré ses traits tirés et les rides qui pliaient sa peau, il pouvait reconnaître le petit nez retroussé ainsi que les lèvres minces qui devaient autrefois être roses qu’elle avait légués à sa fille. Elle devait être vraiment belle, avant de devenir aussi fragile.

Jyle fixa le capitaine un instant. Rien dans son attitude n’indiquait qu’il avait remarqué l’attention que lui avait portée la dame. Il était également possible que ce fût le contraire. Le prince n’arrivait décidément pas à saisir la vraie personnalité de cet homme. Derrière son masque pertinemment indifférent à tout pouvaient se bousculer un tourbillon de sentiments. Cet homme restait un vrai mystère, même après plus de dix ans au service de la famille royale. Jyle n’avait parlé avec lui qu’à de rares occasions et cela n’avait abouti qu’à quelques mots sans importance. La seule chose qui était important pour le capitaine était sa fidélité envers le roi. Il n’avait jamais fait preuve de démonstration affectif envers quiconque et ne vivait que pour obéir à Syrex. Le prince n’éprouvait aucune sympathie pour lui, voire très peu.

Pour ce qui en était de Felic, Jyle savait que son sarcasme n’épargnait pas le roi et lui, mais cela ne le dérangeait pas. Au contraire, il appréciait ce trait de caractère chez lui et était satisfait de voir qu’il ne faisait pas seulement qu’attendre des ordres pour agir, contrairement à une certaine personne.

Ayant de la peine à la vue du spectacle désolant que présentait la dame, Jyle lui proposa :

-Ne vous préoccupez pas pour nous, nous somme juste de passage. Reposez-vous à l’intérieur, nous allons…

Une illumination l’interrompit. Il s’agissait d’une idée qui lui vint à l’improviste et il lui sembla que le temps s’arrêta pour lui permettre de réfléchir. Cette idée lui paraissait complètement absurde ; mais il suffit de croiser une nouvelle fois le regard d’Ersa, cette femme qui avait réussi en un instant à ravir son cœur, qui avait changé sa vision du monde en l’éclairant d’une nouvelle lumière plus éblouissante que n’importe quel diamant, cette femme aussi resplendissante que le soleil lui-même, pour que sa détermination s’accrût. Il avait l’impression de pouvoir braver tous les dangers, même ce mystérieux monstre évoqué par la bande de paysans.

Sans prendre la peine de s’entretenir avec les Combattants, il plongea ses yeux dans ceux de la dame et déclara :

-Madame, je constate que votre santé est assez fragile pour restreindre l’utilisation de vos jambes. J’aimerais donc vous accorder les meilleurs médecins du royaume afin de vous guérir.

L’expression hébétée de sa bien-aimée l’encouragea dans la poursuite de son discours. Il poursuivit d’un ton plus résolu :

-Ils seront à votre disposition jour et nuit, afin de répondre parfaitement à vos attentes tout en s’assurant que vous vous reposerez et nourrirez convenablement. Ils pourront également vous fournir les médicaments les plus efficaces afin de vous remettre le plus rapidement sur pied. En plus de cela, vous bénéficierez d’un confort irréprochable au château, dans une grande chambre luxueuse avec le nombre de serviteurs que vous souhaiterez et…

La toux de la dame l’interrompit. Il s’arrêta, perplexe. Elle affichait un faible sourire où Jyle put lire de la reconnaissance. Il sut alors qu’il éprouvait une sorte d’affection pour cette femme, sans que cela ait un rapport avec son amour pour  Ersa. Il appréciait juste la simplicité et la gentillesse qui se reflétaient en cette dame.

-Je suis très touchée par votre attention. Cela me soulage de voir que notre royaume est gouverné par des gens bons et généreux. Néanmoins, permettez-moi de décliner l’offre. Bien que j’aimerais me sentir mieux, évidemment, je ne puis me résoudre à quitter cette maison, même si cela signifie accéder à la plus belle des chambres. Il s’agit de mon trésor, elle a une valeur particulière pour moi car c’est un cadeau de mon mari.

Il sembla au prince qu’elle fixait un point précis derrière lui mais difficile de l’affirmer car ses yeux étaient voilés par un sentiment inconnu.

L’enfant à la peau basanée la demanda :

-Mère, tu es sure ? Je comprends ton attachement à cet endroit mais il est question de ta santé ! Je pense qu’il vaut mieux que tu acceptes.

-N’insiste pas, Salm. Cela me ferait encore plus souffrir de m’éloigner d’ici que de rester dans mon état actuel.

-Oui, mais ton état ne fait qu’empirer !

Jyle vit Ersa ouvrir la bouche, la refermer et pincer les lèvres en baissant la tête. Visiblement, ce petit venait d’appuyer sur un point assez sensible. Il décida de profiter de la situation pour essayer de la convaincre.

-Votre fils a raison, il est indispensable que vous songez en priorité à votre santé. Je comprends qu’il peut être difficile de quitter son foyer pour un temps indéterminé, mais il faut parfois faire quelques sacrifices afin d’avancer dans la vie. Et rassurez-vous, vous serez rapidement de retour chez vous, et avec toute votre énergie en plus de cela ! Qu’en pensez-vous, mademoiselle Ersa ?

L’interpellée sursauta, bégaya nerveusement et Jyle la trouva terriblement adorable. Il s’efforça de conserver son calme.

-Eh bien…oui, je pense que sa Majesté a raison…

-Et puis vos enfants pourront également venir avec vous ! Ajouta Jyle.

La pensée de voir Ersa se promener dans son palais l’emplissait de joie.

-Vraiment ?! S’exclama Salm.

-Non, vraiment je…commença la dame.

-A moins qu’il n’y ait quelque chose qui vous dérange au château.

Tout le monde se tourna vers cette voix grave et maîtrisée du capitaine. Jyle remarqua le pli entre ses sourcils, signe qu’il était surement contrarié. Par quoi ? Par cette pauvre dame ? Quelle idée absurde !

Felic intervint au nom de tous :

-Qu’est-ce que tu veux dire ?

Le capitaine ne répondit pas et se contenta de fixer intensément la dame. Celle-ci, curieusement, ne parut pas surprise, ni même intimidée. Pour la première fois, Jyle imagina quelque chose qui lui parut inconcevable : ses deux-là se connaitraient-ils ?

Un silence qui parut une éternité s’ensuivit, pendant que Jyle scrutait la mine méfiante d’Ersa. Il en voulut au capitaine de mettre elle et sa famille dans une situation aussi délicate. Il voulut intervenir mais le capitaine finit par soupirer, ce qui était bien la première fois.

-Oubliez ce que je viens de dire. Mon prince, il vaut mieux la laisser tranquille, il s’agit de son choix.

-Oui, approuva l’intéressée comme s’il ne s’était rien passé, comme si elle ne venait pas d’être confrontée à l’homme le plus fort du royaume.

La panique commença à s’emparer du prince. Il lui était hors de question de laisser passer une occasion afin de se rapprocher d’Ersa. Il était certain de ses sentiments envers elle, il n’avait jamais éprouvé de tel avant de l’avoir rencontrée. Il avait l’impression que s’il la quittait maintenant, son cœur ne serait qu’un gouffre sans fond, impossible à recouvrir, même avec tout l’or du monde. S’il avait le choix, il vivrait ici, surmontant la pauvreté, avec elle. Mais il était évident que cela était impossible, tant par son rang que la colère de son père. Ce dernier serait capable de chasser la jeune femme et sa famille du royaume, et cela, Jyle ne pourrait se pardonner d’avoir causé un tel malheur.

Mais alors, quoi ? Il devait bien avoir une solution pour la garder près de lui…

Ah…

-J’ai compris. Dit-il. Je vais donc modifier ma proposition. Vous bénéficierez des meilleurs médecins, non pas dans mon château, mais ici, chez vous.  Ils dresseront seulement une tente dans votre jardin, mais seront aussi discrets que des fourmis.

-Vous…vous êtes sûr ? Suffoqua la dame.

-Parfaitement.

Elle et ses enfants se regardèrent tour à tour, s’émerveillant devant la chance qui venait à leur rencontre sans qu’ils ne se doutent de rien.

Ils allèrent lui offrir mille et un remerciements mais il les coupa d’un signe de la main :

-Toutefois, j’impose une condition.

Cette phrase enleva à peine un peu de joie qui transparaissait sur leurs visages. Visiblement, ils étaient persuadés de pouvoir répondre à la demande de ce prince si généreux.

« Parfait. »

-Je voudrais emmener mademoiselle Ersa au château, avec moi, afin qu’elle devienne ma femme.

***

L’univers semblait tourner de manière étrange autour d’Ersa. Comme si elle était dans un rêve. Mais non, il s’agissait bien de la réalité. Il lui suffit de serrer la main froide de sa mère pour l’affirmer. Il y avait également ce vent glacé qui semblait lui fouetter le dos. Son corps semblait mou, contrastant avec son cœur qui battait à tout rompre.  Elle fixa son regard sur un point précis, un caillou à moitié sorti du sol, et l’imagina en train de se battre pour se libérer des griffes de la terre. 

Un désir réussit à se matérialiser dans sa conscience embrumée.

« J’aurais aimé retourner à l’Arbre une deuxième fois. »

10/05/15: Rin/Len: Tu es la princesse et je suis ton serviteur…

10/05/15: Rin/Len: Tu es la princesse et je suis ton serviteur... dans Yosh!! manga-3151

Coucou tout le monde!

Aujourd’hui, j’ai eu le coeur brisé…

…par une histoire en chansons…

Quoi, vous pensiez quoi? Que je m’étais prise un râteau? Pff, ça n’arrive qu’aux filles zarbis qui passent leur vie sur le net pour raconter leurs mésaventures ou le nez plongé dans un bouquin suspect en rêvant d’écrire une histoire qui dépassera les 999 999 999 999 999 999 ventes… Hein, quoi, comme moi? Naaaan!!

Bref, il s’agit d’une histoire divisée en plusieurs chansons, chantée par Rin et Len Kagamine, des Vocaloid.

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Vous connaissez ce groupe?  En gros, ce sont des chanteurs virtuels qui chantent à l’aide d’un logiciel de synthèse vocale…rhaa, pourquoi je vous explique ça, je suis sure que vous les connaissez!

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Rin et Len (voir ci-dessus) des chanteurs âgés de 14 ans qui représentent les deux faces d’une même personne. Classe, hein? Leur voix est celle d’Asami Shimoda.

Leur relation dépend des chansons: dans Soundless Voice (qui est par ailleurs vraiment douloureux à écouter), ils sont amoureux, et dans l’histoire que je vais vous montrer, ils sont jumeaux.

Il s’agit d’une série d’une vingtaine de chansons connue sous le nom d’ « Aku No Series« , ou Story of Evil » qui présente les pêchés capitaux, et celle que je vais vous montrer présente l’orgueil et est divisée en cinq chansons. L’histoire se passe dans un royaume, dont la princesse est Rin et le serviteur Len. Ce dernier lui est totalement dévouée, et répond à tous ses désirs.

J’ai découvert cette histoire grâce à la version française interprétée par le youtubeur Aya_me, qui m’a tout simplement bouleversée…

J’ai écouté de lui les deux premières chansons.

Je vous laisse les cinq parties de l’histoire en dessous, et franchement, prenez le temps de la lire, l’écouter, la comprendre, laissez-vous vous imprégner des émotions qui transparaissent!

Voici la première, « Aku no Musume« , chantée par Rin, puis par Aya_me en français ( c’est juste une hypothèse, mais ça sera peut-être plus facile pour vous pour comprendre) :

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Ensuite, cette deuxième vidéo, « Aku no meshitsukai« , est une version de l’histoire qui s’intéresse plus à Len, chanté par lui puis par Aya_me :

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LEEEEEEEEEENEEEEUUH!!!!!

Je ne sais pas pourquoi mais les paroles « Tu es la princesse et je suis ton serviteur » (Kimi wa oujo boku wa meshitsukai) m’ont marquée…Surement parce qu’on voit bien que Len est prêt à se dévouer corps et âme pour sa maîtresse, qu’il n’a pas d’autres choix. C’est trop cruel, il a dû tuer la fille dont il est tombé amoureux car sa soeur l’a voulu…et puis…il prend sa place pour se faire….OOOOUUUUIIIN!!! Quelle chute…

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C’est fou comme des paroles aussi simples mises en valeur par une belle musique peut nous (ou seulement me?) chambouler!

Le troisième, « Regret Message« ,  montre un moment où Len avait expliqué à Rin que si on jette une bouteille à la mer avec notre voeu marqué dedans, il se réalise… Donc elle essaye… Je vous le montre, avec Rin qui chante:

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et Aya_me:

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Et puis dans cette quatrième chanson, « Re Birthday« , on voit Len qui est en enfer- inteprétée par Len puis Aya_me:

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C’est vraiment magnifique qu’il ait reçu la lettre de Rin, c’est hyper mignon, je l’accorde! Le truc qui me désole, c’est que ça enlève la touche tragique qui rend cette histoire vraiment marquante!

Et la dernière, « Blanche« , je ne sais pas trop où le placer dans l’histoire, disons que c’est un petit truc en plus.

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Cette dernière chanson m’a prise au dépourvu,mais on en apprend plus sur Rin, sur sa douleur qui ne peut être cicatrisée…

En tout cas, à la fin, apparemment, Len est avec Rin lorsqu’elle veut lancer la bouteille à la mer…bon, je l’ai pas deviné toute seule, c’est une pote qui me l’a dit…

Ma chanson préférée est la deuxième, qui montre combien Len est dévouée à Rin, au point de « devenir le mal »…

Bref, c’est un conte particulièrement touchante et magnifique, qui m’a apprise à quel point les Vocaloid pouvait faire de si magnifiques chansons très recherchées, qui peuvent montrer une histoire marquante ou dénoncer plusieurs règles…tiens, par exemple, il y a cette chanson, « The Lost One’s Weeping« , qui critique le système scolaire au Japon qui est trop strict. Si c’est pas magnifique ça! Les paroles sont vraiment magnifiques et poignantes et j’adore le côté rock qui met en avant la révolte!

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Bref, les Vocaloid ont vraiment un talent exceptionnel pour réaliser des chansons superbes qui réussissent à nous transmettre toutes sortes d’émotions!

Et vous, qu’en pensez-vous?

Je m’en vais me remonter le moral avec une chanson plus joyeuse…

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P.S: Et merci à ma pote de m’avoir bien fait chialer…mais bon, elle m’a permise de découvrir  pas mal chansons donc je laisse passer…

Nadia et Ersa: Chapitre 4

Nadia et Ersa: Chapitre 4 dans Histoire: Nadia et Ersa manga-3143-300x199

Assise les jambes repliées sous sa robe, appuyée contre le tronc de l’arbre, les yeux fermés, Ersa écoutait le chant du vent léger. Elle avait l’impression de se trouver dans un autre monde où seule la nature lui tenait compagnie. Elle aimait se sentir ainsi, écartée de la réalité, seule, sous un ciel où les rayons de soleil descendaient pour réchauffer agréablement sa peau. Elle se sentait renaître, revivre.

C’était une activité quotidienne, comme lorsque l’on prend le temps de se doucher. Cela lui permettait d’évacuer sa fatigue accumulée et de fournir une énergie nouvelle à son corps. Il lui arrivait de venir dans l’après-midi ou le soir. Il se trouvait juste qu’aujourd’hui, l’envie s’était présentée assez tôt. Cette dernière lui venait comme un appel à son instinct, comme quand on sait qu’il est temps de manger.

De temps en temps, elle parvenait à oublier le monde qui l’entourait, plonger dans un univers plus profond que la réalité, ne devenir qu’un être dépourvu d’âme. Cela semblait sinistre dit ainsi, mais lorsqu’elle remontait à la surface, elle était emplie d’un bien-être suprême. Et lorsqu’elle ne parvenait pas à se vider l’esprit, elle dirigeait ses pensées vers Nadia et Salm. C’était triste d’essayer d’oublier sa mère durant un instant, car lorsqu’elle songeait à elle, son cœur s’alourdissait de chagrin. Voir la femme qu’elle chérissait le plus dans un tel état qui semblait se dégrader était tout aussi écrasant que se retrouver prisonnière dans une pièce sans oxygène.

Toutefois, contrairement à Nadia, elle n’arrivait pas à penser que son père était en faute. Sa sœur ne l’avait probablement pas remarqué, mais elle si. Lorsque sa mère lui avait dit que son père n’y était pour rien, elle avait constaté une lueur qui attendrissait fortement son regard. Malgré le fait qu’il était plutôt triste, son sourire avait quelque chose de nostalgique, et Ersa en déduisit qu’elle se remémorait les bons moments passés avec leur père. De ce fait, elle ne pouvait pas en vouloir à celui-ci, et avait réussi à se persuader qu’une raison importante devait se cacher derrière sa disparition.

Elle avait abandonné l’idée de convaincre Nadia de changer d’avis. S’il existait une personne qui connaissait l’obstination de la jeune fille, c’était bien Ersa. Même si ce caractère la rendait têtue comme un âne, elle admirait sa forte personnalité. Elle avait conscience que beaucoup de monde la complimentait sur sa grâce, mais elle gardait en tête que Nadia était beaucoup plus éblouissante. Sa témérité et l’ardeur qu’elle dépensait dans ses entrainements habituels la faisait ressemblait à un dragon enflammé, et forgeait ainsi sa beauté. Manifestement, elle ne s’en rendait pas compte et Ersa savait que si elle le lui disait, sa grimace serait aussi déformée que si elle avait été confrontée à une horde de crapauds géants.

Lorsqu’elle se comparait à sa sœur, elle éprouvait un sentiment d’infériorité. Elle avait l’impression de ne fournir aucun effort pour aider sa famille, de se négliger contrairement à Nadia. Mais rapidement, cette émotion se dissipait comme des nuages dans le ciel lorsqu’elle repensait aux paroles de sa sœur. Elle avait une manière convaincante de s’exprimer, sans pour autant laisser paraître une once de délicatesse dans sa voix. Sa franchise effaçait également toute maladresse dans ses mots pour laisser le reflet de la vérité. Sur ce point aussi, Ersa l’enviait. Nadia avait le pouvoir de chasser les ombres qui obscurcissaient son esprit. Elle ne remercierait jamais assez ses parents de l’avoir offert une sœur jumelle.

Cela l’amusait lorsque Salm reprochait à Nadia de mieux de comporter et de prendre exemple sur elle. Il lui arrivait de finir par faire la liste de tout ce qu’elle faisait, et cela la réconfortait de se savoir indispensable à la maison. Salm le répétait parfois, de manière plus explicite que Nadia.

Elle sentait un sourire se former sur son visage.

Elle rouvrit les paupières et les plissa rapidement à cause du soleil. Elle prit une grande bouffée d’air tout en se levant et en lissant sa jupe. Elle était à nouveau prête à travailler et à préparer le plat que Nadia avait imaginé.

Une idée lui traversa l’esprit et, sur le chemin du retour, elle prit le temps de cueillir quelques chrysanthèmes. Elle les laisserait s’épanouir dans la chambre de sa mère et la laisser profiter de l’odeur apaisante de ces fleurs.

Comme d’habitude, elle vit bientôt la silhouette trapue de la maison. Et étrangement, elle surprit deux autres grandes qui brillaient au loin. Elle mit du temps à comprendre que ces personnes étaient dotées d’une lourde armure où réfléchissaient les rayons du soleil.

En voyant Salm assis en face d’eux, elle accéléra le pas sans prendre la peine de relever sa jupe.

Les deux silhouettes mystérieuses devaient avoir senti sa présence car ils se tournèrent vers elles. Elle put rapidement constater qu’il s’agissait de deux hommes, l’un avec un air plutôt jeune et l’autre plus sévère, sans pour autant donner l’impression d’être vieux. Ersa en déduisit rapidement qu’ils devaient être dans la vingtaine. Celui qui semblait le plus jeune avait des cheveux bruns coupés courts tandis que l’autre les avait plus longs, noirs et ébouriffés. Elle ignora si c’était son imagination, mais il lui sembla que ce dernier l’avait fixé avec des yeux écarquillés durant une fraction de seconde avant de se reprendre. A présent, il arborait une expression renfermée si naturelle qu’il semblait être né avec.

Ce fut le premier avec des cheveux courts qui prit la parole avec un grand sourire :

-Bonjour mademoiselle, venez-vous d’ici ?

-Oui, répondit-elle en se plaçant près de Salm, l’air méfiant. Que puis-je pour vous ?

-Ne vous inquiétez pas, nous ne voulons pas vous causer de problèmes. Nous sommes des Combattants du roi et nous aimerions savoir si le prince Jyle serait passé par ici.

La jeune fille fronça les sourcils en entendant le mot ‘’Combattants’’. Ses connaissances sur eux étaient vagues et elle savait seulement qu’il s’agissait de chevaliers expérimentés. Elle remarqua un symbole gravé à droite de l’armure, représentant un tissu enroulant une épée.

Elle interrogea Salm du regard qui secoua la tête.

-Je suis désolée, je ne pense pas qu’il soit venu par là. Nous n’avons vu personne.

-Arf, dommage, fit le Combattant en se grattant la tête. Il doit être au village alors. Ça ne me plaît pas de me promener en armure dans les rues.

Salm, qui était d’une nature curieuse, ne put s’empêcher de demander :

-Pourquoi cherchez-vous le prince ? Il s’est fait enlever ?

-Ha ha, j’aurais préféré que ce soit cette raison, mais non. C’est une personne capricieuse qui agit de façon démesurée, sans penser à ceux qui récoltons les fruits de ses bêtises !

-Felic, intervint l’autre Combattant.

-D’accord, d’accord, j’arrête de parler. Mais ce petit est trop mignon, il me rappelle moi lorsque j’étais gamin. Et cette demoiselle… permettez-moi de vous demander votre nom.

-Ersa…dit-elle après une hésitation.

-Ce magnifique prénom n’a d’égal que votre élégance. Vous pourrez rivaliser avec les dames de la cour, je vous assure. Je n’ose vous demander d’accepter de me tenir compagnie, de crainte de votre cœur soit déjà épris d’un autre.

Ersa entendit Salm pouffer discrètement. Elle lui comprenait : la façon de séduire de ce Felic tranchait avec les mots brusques de ses autres prétendants. Elle préféra contourner la question.

-Je vous prie de m’excuser, mais je dois aller m’occuper de ma mère. J’espère que vous réussirez à retrouver le prince.

Elle fit une petite révérence, en se demandant furtivement si se courber devant des Combattants était la chose à faire. Elle vit du coin du regard que l’homme à la mine sévère l’observait en plissant légèrement les yeux. Elle aurait bien voulu savoir ce qu’il pensait d’elle pour la fixer ainsi, mais se retint. Elle ne connaissait pas les Combattants, mais s’ils étaient aussi forts que l’on le prétendait, elle préférait éviter le moindre conflit avec eux.

Felic haussa les épaules en signe d’abandon.

-Je vois que je n’ai aucune chance. Passez le bonjour à votre mère de notre part.

Il voulut tourner les talons mais son regard s’arrêta à sa droite, là où Ersa était venue il y avait un instant. La jeune fille tourna les yeux vers cette direction pour voir apparaître deux nouvelles autres silhouettes qui venaient à leur rencontre.

***

Visiblement, les gens du peuple comprenaient mieux lorsque l’on employait la manière forte.

Jyle n’avait pas mis plus d’une minute à battre le groupe de garçons. Ils n’avaient aucune compétence en matière de combat, aussi s’ennuyait-il presque. Le chef de la bande n’avait pas mis bien longtemps à indiquer le chemin de la maison de cette mystérieuse Ersa.

Le prince s’y dirigeait d’un pas dansant en sifflotant. Ayam devait se hâter pour suivre son rythme.

-Êtes-vous sûr de vraiment vouloir y aller ?

-Évidemment ! N’as-tu pas entendu ces paysans ? Je donnerais n’importe quoi pour rencontrer cette merveilleuse femme.

-Ce n’est pas à ça dont je faisais allusion. Mais ils ont également mentionné une espèce de bête féroce qui s’en prendrait à tous ceux qui s’approcherait de…

-Ne dis donc pas de bêtises !

En apprenant que la maison se situait hors du village, près de la forêt, Jyle sentit son excitation décupler. Il avait facilement imaginé une créature de la nature, une nymphe peut-être… Il avoua être déçu de découvrir qu’il ne s’agissait que d’une petite cabane en briques, sans rien de particulier. Il avait du mal à croire qu’une aussi belle personne pouvait habiter ici.

Au loin, il avait perçu deux éclats et une chevelure brillante au soleil. Il s’était figé un instant, interdit, comme foudroyé. Ce fut la voix d’Ayam qui l’avait sorti de sa torpeur.

-Mon prince ?

-Euh, oui, continuons.

Il avait repris sa marche sans quitter des yeux la chevelure aux boucles d’or. Lorsque les deux yeux aussi bleus que le ciel limpide croisèrent les siens, il eut la violente sensation d’exploser de l’intérieur, que le soleil lui-même avait remplacé son cœur et le brûlait les moindres particules de son corps. Il le sentait battre dans les tympans et eut peur qu’il s’échappe.

Il chancela un instant et son serviteur l’aida à prendre appui sur lui, le temps qu’il retrouve l’équilibre. Son rythme cardiaque ralentissait ses mouvements.

« Calme-toi, mon dieu, calme-toi, tu…tu es…qui ? Et… »

Impossible d’avoir l’esprit clair dans ce moment-là ! Il avait l’impression de marcher sur un volcan. Le paysage autour de lui et de cette fille avait disparu pour ne laisser qu’un enchevêtrement de couleurs incompréhensible. Respirer par la bouche lui-était difficile, comme s’il était un poisson hors de l’eau.

-…deux…

Apparemment, Ayam venait de lui dire quelque chose, mais ses oreilles bourdonnaient trop pour saisir plus de deux mots de sa phrase.

Il ne s’était jamais senti aussi vulnérable. Même pas lors de son premier combat à l’épée !

Jusqu’à ce qu’il arrive à la hauteur de cette dénommée Ersa, le temps semblait s’être figé uniquement pour cette rencontre.

Les garçons n’avaient rien exagéré. Elle était telle une déesse sur la terre. Le bouquet de fleurs à ses mains ajoutait une touche de grâce dans ce portrait éblouissant.

Un silence s’ensuivit, où il n’entendit que les battements lourds de son cœur. Il avait la gorge horriblement nouée et la peau en sueur.

Il entendit une voix qui semblait venir d’un gouffre l’interpeller :

-Oh, mon prince, quelle coïncidence ! Nous vous cherchions partout !

***

La situation actuelle rendait Salm très perplexe. Qui aurait cru que, lorsqu’il avait décidé de cueillir de simples fraises, il rencontrerait deux Combattants, ces soldats de sa majesté craints et admirés pour leurs puissances, ainsi que le prince en personne ? Le prince ? Cet homme en tunique de villageois ?

Salm le dévisagea de la tête aux pieds.

De son chapeau de paille s’échappait quelques mèches châtaines qui prenaient des reflets blonds à la lumière. Ses yeux étaient tirés entre le gris et le vert et ressortaient élégamment avec sa peau blanche. Sa silhouette était longue et élancée et ses doigts fins. Avec ces détails, on pouvait en déduire qu’il n’avait pas mené une vie de dur labeur comme la plupart des paysans.

De plus, le garçon qui se tenait près de lui avait une attitude réticente, ce qui signifiait qu’il ne s’agissait pas vraiment de son ami. Vu son visage enfantin mais ses pommettes qui commençaient à se creuser, il devait être seulement un peu plus âgé que Salm. Le garçon avait dû se sentir fixé car il se tourna vers lui. Salm lui adressa machinalement un sourire auquel il lui répondit. Apparemment, lui aussi était dépassé par cette situation.

Il ne lui avait pas échappé que le prince ne quittait pas du regard Ersa. Se dire que le jeune homme le plus puissant du royaume était également tombé sous le charme de sa sœur était un fait assez étrange. Non, il ne fallait pas se précipiter, il était peut-être seulement surpris de voir une fille aussi belle. Cela ne voulait sûrement rien dire.

En entendant le Combattant s’exclamer, le prince sembla se réveiller. Il secoua la tête en plissant des yeux avant de se tourner vers le soldat, qui le regardait d’un air amusé. Salm ne savait pas vraiment pourquoi, mais il aimait bien ce Felic. Il était beaucoup moins intimidant que son compagnon.

-Ah, vous êtes là, lâcha le prince sans la moindre surprise dans sa voix.

Le jeune garçon nota qu’il avait une voix bien timbrée et jeune.

-Votre père nous a envoyé à votre recherche, il craignait qu’il ne vous arrive quelque chose. Puis-je vous demander pourquoi êtes-vous parti ?

-Non.

-Bien.

Ersa devait se sentir plutôt mal à l’aise car elle déclara :

-Je suis contente qu’il ne vous ait rien arrivé, mon prince. Toutefois, pardonnez-moi mais je dois aller aider ma mère.

Après une dernière révérence, elle voulut les quitter mais le prince la retint soudainement par la main, la faisant lâcher le bouquet qui tomba à ses pieds.

Salm ne comprit pas tout de suite ce que les paroles du prince signifièrent juste après. C’était comme s’il avait basculé dans un monde parallèle où tout basculait.

Les yeux du prince brillèrent intensément lorsqu’il les prononça :

-Mademoiselle Ersa, je veux votre main. Epousez-moi.

 




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