Nadia et Ersa: Chapitre 13

Voilàà, un chapitre encore centré sur Nadia! Bah, c’est pas grave, on l’aime bien…non? Siiiiii…Bref j’espère que vous passerez un agréable petit moment de lecture! Parce que lire…bah c’est bien^^ Ce chapitre est court, parce qu’à la base il réunissait le chapitre 13 et 14, mais ça faisait un trop gros chapitre, alors comme je suis trèès intelligente je me suis un jour dit: « Tiens! Et si je le coupais en deux? » Ce fut la meilleure décision de ma vie. Bon, ok, j’arrête avec ce blabla inutile.

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Alors que son esprit voguait silencieusement sur les eaux rêveuses, des coups de clochettes, qui lui parurent stridents, ramenèrent Nadia à la réalité. Elle s’éveilla en sursaut et bondit de son lit, les sens en alerte. Le ciel n’était encore éclairé que d’ une faible lueur.

« Un voleur ? Où sont Salm et Ersa ? »

Son cerveau reconstitua rapidement les puzzles des événements récents et elle se souvint de l’endroit où elle se trouvait.

Elle n’était pas chez elle.

Une voix grave et forte résonna dans le couloir :

-Allez, on se dépêche ! Vous n’avez pas de temps à perdre !

Encore ensommeillée malgré son réveil brusque, Nadia remit ses lentilles et ouvrit lentement la porte, pour découvrir des dizaines de garçons qui émergeaient des chambres voisines, tous ébouriffés, en baillant à s’écorcher la mâchoire. Nadia trouva un certain réconfort dans le fait que ces gens n’étaient pas plus habitués qu’elle à se lever aussi tôt.

Personne ne fit attention à elle, tous occupés à se diriger vers la salle de bains ou au réfectoire.

A peine eut-elle refermé la porte que quelqu’un la frappa.

-Alors, as-tu bien dormi ? Demanda Akilui, jovial.

-Oui, mais je ne suis pas aussi matinal qu’il faut l’être. Il ne fait même pas encore jour.

Le visage du Combattant se fit un peu plus sévère.

-La moindre minute passée à s’entraîner est importante. Va te doucher, cela te réveillera, et descends au réfectoire. Tiens, voici ta tenue d’entraînement, ajouta-il en lui tendant une tunique sans manches et un pantalon noir en taille élastiqué, tous deux en tissu léger.

L’eau chaude finit d’éveiller entièrement son corps.

Elle s’habilla et fut satisfaite de voir qu’elle se sentait à l’aise dans ce genre de vêtements.

En se dirigeant vers le réfectoire, elle passa devant la porte ouverte de la salle de douche sur les corps des garçons. Pudique, Nadia eut la politesse de ne pas s’y attarder.

Dans la salle à manger, trois tables prenaient une grande partie de la longueur de la pièce et étaient disposées en parallèle les unes des autres. Akilui lui avait informé qu’il n’y avait seulement que deux en temps normal, mais ils avaient ajouté une spécialement pour les participants de l’examen. Il s’agissait de celle le plus à droite. De nombreuses assiettes présentaient divers mets pour le petit déjeuner.

A son arrivée, les Combattants présents ne lui accordaient pas un seul regard, occupés à discuter entre eux ou à finir leurs assiettes. Elle nota par ailleurs qu’ils ne faisaient pas attention aux chevaliers, comme s’ils n’existaient pas. Par contre, ces derniers, qui étaient assis à la table vers laquelle elle se dirigea, la dévisageaient sans masquer leur intérêt. Certains seulement formaient de petits groupes, la plupart mangeait seul. Elle ne se posa pas de questions. Après avoir pris une assiette, elle s’installa à une extrémité inoccupée de la table, loin d’eux, et se concentra sur son croissant plutôt que l’attention qu’ils lui portaient.

Sans se presser, elle finissait de manger lorsqu’un garçon, de corpulence mince mais musclée, un chevalier au vue de sa tenue d’entraînement, s’approcha d’elle.

-Qui es-tu ? Tu n’es pas un chevalier.

-Bonjour, lança-elle, une pointe de sarcasme dans sa voix.

Elle voulait plaisanter gentiment. Mais, visiblement, la susceptibilité du garçon était trop poussée pour que cette idée l’effleure. En effet, il ne tarda pas à froncer les sourcils dans une grimace renfrognée.

-De quel droit te permets-tu de me parler ainsi ? Je suis le meilleur chevalier ici ! Je parie que tu n’es qu’un paysan pêché par les juges vu qu’il n’y a pas assez de participants. Quand bien même tu as vécu à Cérèn, tu ne vaux rien comparé à nous qui habitons depuis longtemps au château, au service de la famille royale. Tu n’es pas en place de me parler ainsi !

Nadia se sentait lassée. Lassée de voir tout le monde la prendre de haut ainsi, comme si les  »paysans » ne valaient rien d’autre qu’à produire du bétail et payer des taxes. En fait, pour elle, ils étaient bien plus dignes de respect que tous ces nobles dont la prétention les empêchait de s’ouvrir vers d’autres réflexions, ne se reposant que sur les préjugés de la société. Les paysans étaient pauvres, certes, mais les difficultés qu’ils rencontraient à cause de ce fait les poussaient à se battre, à persévérer, à se souder pour les surmonter, à se forger un esprit fort.

Un autre garçon le rejoignit :

-Sabin, c’est bon, laisse-le. Il doit déjà être assez mal à l’aise. Tu vois comme il est petit face à nous, c’est sûrement ennuyeux pour lui.

Nadia se leva brusquement dans un accès d’agacement. Le souffle coupé, elle s’efforça de se calmer. Elle se rappela le conseil de sa mère, un jour où elle subissait les moqueries de d’autres enfants sur son attitude masculine.

« Ne cède pas à la provocation. Tu ne feras que t’abaisser à leur niveau. Prends sur toi et montres-leur que tu vaux mieux qu’eux. »

Elle s’étonna de ne pas devoir se forcer à afficher un sourire.

-Pardonnez mon comportement, ô grands seigneurs. J’avais oublié que c’était grâce à votre humble présence en ce bas monde que le royaume entier est fleurissant, et vit dans la plénitude absolue. J’avais oublié que, grâce à vous, tous les villageois n’ont aucun mal à subvenir à leurs besoins, que personne n’a besoin de travailler dur jusqu’à s’écorcher les mains pour seulement un morceau de pain, que tout le monde peut vivre sans la crainte de mourir de faim le lendemain. C’est parce que vous réussissez à assurer tous les conflits internes que l’on ne risque pas de voir des enfants obligés de commettre des délits pour survivre, dans le seul but d’admirer le lever du soleil du jour suivant. Oui, l’absence de problèmes tels que cela prouve bien votre utilité dans le royaume.

Se remettant lentement de leur stupeur face à une telle effronterie, les deux chevaliers serrèrent les dents et Sabin s’apprêta à répliquer lorsqu’ Akilui intervint :

-Ran, as-tu fini de manger ? Je vois que tu as déjà fait connaissance avec tes nouveaux camarades.

La réaction des intéressés changea du tout au tout et ils saluèrent avec précipitation le Combattant, la paume sur la poitrine.

-Pas vraiment, répondit Nadia, oubliant encore d’exécuter le salut.

-Alors, les garçons, voici Ran. Je l’ai rencontré hier, tandis qu’il arrêtait un voyou. Je vous assure que bien qu’il semble chétif, il est plutôt agile. Ran, je te présente Sabin et Dick. Ils font partie des meilleurs chevaliers et je n’ai pas eu besoin de réfléchir pour les inscrire à l’examen.

« Je sais, ce modeste a bien fait attention à me l’expliquer. » Songea Nadia en lançant un regard bref à Sabin.

-J’espère que cela ne vous dérange pas si je vous demande d’entraîner Ran, le temps qu’il se familiarise…

-Oh non, ça ira, s’empressa de dire Nadia. Je saurai me débrouiller.

Elle afficha un sourire rassurant, malgré le regard haineux qu’elle sentait brûler sur elle.

-Comme tu voudras. J’imagine que tu te souviens des lieux, alors je te laisse. J’espère que vous vous entendrez bien.

-Oui, bien sûr, répondit Dick avec un sourire où Nadia détecta sans mal l’hypocrisie.

Elle s’apprêta à débarrasser son assiette et se détourna d’eux mais l’un d’eux- Sabin pensa-elle, la retint par l’épaule.

-Dis donc, tu es vraiment petit. J’ai l’impression de pouvoir te briser rien qu’en te tenant ainsi.

Il s’approcha de son oreille et son haleine de poisson lui donna un vague haut-le-coeur.

-Et c’est ce que je risque de faire si tu ne cesses pas de nous prendre de haut, sale morveux.

Nadia se retint de faire remarquer qu’il devait avoir à peine un ou deux ans de plus qu’elle, et enfouit également son envie de l’asséner un coup de pied dans l’entrejambe pour le punir de cette familiarité. Elle se contenta de garder le silence et partit. Elle s’était déjà faite assez remarquée et devait éviter d’empirer la situation.

Elle choisit de se rendre à l’extérieur dans un premier temps. Pour cela, il lui fallut passer par la salle d’armes, où brillaient dangereusement de multiples lames, ce qui fascina Nadia.

La lumière du soleil était bien plus claire qu’à son réveil. Quelques chevaliers avaient déjà commencé à s’entraîner. Certains le faisaient à deux, à mains nues ou avec des armes, d’autres seuls. Nadia constata furtivement que ceux du premier cas s’engageaient dans un combat intensif, comme s’ils étaient réellement en danger de mort.

Des mannequins en paille étaient à leur disposition . Nadia trouvait qu’une vingtaine de participants suffisait amplement. Mais si ce n’était pas le cas pour les juges, cela traduisait alors la difficulté des tests qui l’attendaient. Elle bloqua l’ascension de la peur qui menaçait de la submerger, l’enfouit au plus profond de son être pour laisser place à une détermination mêlée à un peu d’excitation.

Elle observa la tenue des autres garçons. Leurs mains étaient protégées par des bandes enroulées autour de leurs doigts et Nadia se dirigea vers les vestiaires pour faire de même. Elle se faufila entre les torses nus des garçons, qui semblaient admirer les fruits de leurs efforts récompensés à travers leurs abdominaux bien dessinés, à la recherche de ce dont elle avait besoin.

Elle trouva le rouleau sur une étagère, au fond. Elle se heurta malencontreusement au ventre dodu d’un géant aux yeux profondément enfoncés dans leurs orbites.

-Excuse-moi…

Il lui bloqua le passage, sans faire mine de s’écarter.

-Hé, petit, tu es perdu ? Ici, c’est un endroit pour les grands, pas pour les enfants, ricana-il, imité par beaucoup d’autres. Et c’est quoi, ces cheveux, tu sors d’un cirque ambulant ?

«Il se croit drôle ? » Nadia pesta intérieurement contre lui. Elle jurait rarement à voix haute. Elle tenta de prendre exemple sur le charme d’Ersa.

« Pitié, faites que notre lien de sang m’ait offert un minimum de ses talents d’adoucissement »

-Non, je me nomme Ran, et je participe également à l’examen des Combattants. J’espère que nous pourrions nous entraider…

Le géant éclata d’un rire tonitruant.

-Tu veux aussi que l’on danse main dans la main? C’est chacun pour soi, il ne s’agit pas d’un lieu de rencontre!

-Mais… alors pourquoi certains s’entraînent ensemble? Demanda-elle en croisant les bras.

Le géant passa un bras autour de ses épaules, sans prendre la peine d’alléger son poids sur elle, et l’amena dehors, à l’entrée:

-Regarde bien ce duo là.

Les chevaliers désignés se faisaient face, le premier avec une épée et le deuxième avec une lance. Ils s’échangeaient des coups férocement. Un moment, celui à la lance en asséna un à son adversaire, la lame entaillant son bras. Ce dernier grogna mais l’autre ne lui laissa pas de répit. Avec une grimace triomphante, il enchaîna avec un autre coup, cette fois-ci à l’épaule. Rien dans son attitude n’indiquait qu’il négligeait sa force. Horrifiée, Nadia constata même qu’il prenait plaisir à infliger des blessures.

Par réflexe, Nadia voulut s’élancer vers eux, mais le géant l’arrêta.

-Hé, que veux-tu faire?

-Il faut les arrêter!

-Visiblement, tu n’as rien compris. Ils s’entraînent ensemble non pas pour s’entraider et progresser ensemble, mais pour diminuer les capacités de l’autre, pour empêcher que sa démonstration devant les juges se révèle meilleure que la sienne. Et, par ailleurs, il s’améliore. Il fait d’une pierre deux coups. Mais comme tu peux le voir, ajouta-il en montrant le chevalier blessé, accepter un entraînement à deux comporte des risques. Mais on ne peut pas le plaindre, c’est de sa faute, hein?

-C’est…fourbe.

-Que veux-tu, il n’y a pas de place pour les états d’âmes. Nous avons un objectif et tous les moyens sont bons pour l’atteindre. Et si je peux te donner un conseil, c’est de te retirer d’ici. Tout de suite. J’ai pitié pour toi rien que de voir combien tu es menu, mon instinct me dit que tu ne vivras pas longtemps.

Nadia lui adressa un sourire entièrement froid, dépourvu de tout semblant de sympathie. Tant pis si elle s’attirait les foudres de ces hommes, elle refusait de s’abaisser devant eux une fois de plus en se forçant d’être aimable et docile. Les chevaliers combattaient pour le royaume mais cela ne faisait que partie de leur devoir. Leur gloire avait alimenté leur vanité pour les transformer en bêtes avide de pouvoir et de succès, en délaissant les sentiments qui étaient vraiment importants. Son être tremblait de rage mais elle parvint à maîtriser sa voix lorsqu’elle lui répondit:

-Je n’ai aucunement besoin de ta prévenance inutile.

Elle savoura le goût de la satisfaction et celui du regret n’était pas assez fort pour gâcher sa délectation.

Pris au dépourvu, comme s’il s’était pris une gifle, le géant afficha un air méprisant une fraction de seconde avant de hausser les épaules:

-Comme tu veux. Si ça te plait de jouer les grands, vas-y. Si tu meurs, rappelles-toi que le grand Girac t’avait prévenu. Et qui sait si ce ne sera pas moi qui aurait l’occasion de mettre fin à tes jours.

Indifférente à cette remarque, Nadia ne s’attarda pas, fit un bref signe de tête avant de s’en aller, sans prendre d’arme. Elle préférait tout d’abord s’exercer à mains nues sur une mannequin en paille. Au moins, lui ne risquerait pas de la blesser volontairement.

Elle se rendit compte qu’elle avait oublié de se protéger les mains seulement après avoir attrapé des ampoules.

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