Nadia et Ersa: Chapitre 14

Hello! Voici un chapitre centré sur Ersa, j’espère qu’il vous plaira! N’empêche, la vie de princesse doit être dure…en fait je dis n’importe quoi, je sais même pas à quoi ça ressemble, je suis pauvre, je vis dans un carton. Je m’excuse pour les éventuelles fautes d’orthographe! Je devrais peut-être mettre cette phrase à chaque début de chapitre, mais bon, la flemme et puis vous le savez déjà: personne n’est parfait, tout le monde commet des erreurs =) 

Bonne lecture!

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A sa grande joie, Ersa avait trouvé une place où elle se sentait à l’aise, loin des autres.

Au cours de ses nombreuses visites dans le jardin, où elle passait son temps à se promener, pieds nus dans l’herbe fraîche- lorsqu’elle croisait des dames de la cour ainsi, elles paraissaient outrées- et à admirer la végétation florale, en humant le mélange des différents parfums, elle avait un jour poussé sa marche un peu plus loin en contournant le palais, et avait ainsi trouvé un banc en pierre à l’ombre, appuyé contre le château. Elle venait se reposer là, la tête sur le mur derrière elle, et fermait les yeux. Il lui arrivait de rester assise jusqu’à la tombée de la nuit, ou de préférer s’allonger sur la pelouse.

De toute façon, elle n’avait aucune occupation pour le moment, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur. Elle voulait jardiner, le gardien refusait. Elle voulait aider les servantes dans leur travail, toutes refusaient. Elle avait insisté mais cela n’avait pour conséquence que l’intervention du prince qui lui priait de ne pas se prêter à une labeur si éprouvante. Préférant le voir le moins souvent possible, elle avait abandonné et préférait flâner dans le jardin plutôt qu’à l’intérieur. Pour tout dire, elle n’avait même pas encore visité le château. Ses connaissances se réduisaient à ses appartements. Elle passait le moins de temps possible entre les murs. La nature lui rappelait son quotidien d’autrefois.

La première fois qu’elle avait rencontré Ses Majestés, c’était à l’occasion d’un repas à son honneur. Pour cela, elle avait du enfiler une robe turquoise évasée aux manches longues transparentes et flottantes. Bien que le tissu était doux contre sa peau, elle éprouvait un certain gêne à porter une tenue aussi somptueuse. Durant ses jours au château, elle portait les habits des servantes, ce qui décontenançait toutes les personnes qu’elle croisait et qui la connaissaient. Un serre-tête incrusté de diamants relevait ses mèches de devant. Ersa restait hébétée: avec un objet aussi petit mais si brillant, elle pourrait permettre à une famille de vivre dans l’aisance jusqu’à la mort! Ses cheveux bien coiffés et ondulés descendaient dans le creux de son dos.

Elle avait appris que le roi avait proposé un banquet avec de nombreux invités mais la reine, plus compréhensive, avait réduit son projet à un  »simple » dîner en tête-à-tête, avec pour seuls acteurs elle, son mari, Jyle et la principale concernée. Ce qui suffisait amplement pour nourrir son anxiété.

Elle se forçait de ne pas dévisager longuement Ses deux Majestés, mais ce n’était pas facile. Le roi était imposant avec son visage carré et arborait une longue barbe brune aux multiples boucles. Ses quelques rides renforcaient son air dur.

La reine, quant à elle, était l’opposée de son époux. Si Ersa se sentait intimidée face à l’autorité qui se dégageait de ce dernier, elle l’était face à cette grande dame à cause de sa beauté déroutante. Elle semblait à peine plus âgée qu’Ersa. Jyle avait probablement hérité ses reflets blonds au soleil de la couleur dorée de ses longs cheveux tressés et relevés en deux chignons des deux côtés de son visage anguleux au teint lumineux. Tout était fin et mince chez elle, que ce soit sa silhouette ou ses doigts. Son air calme et posé et son sourire permanent rassuraient Ersa. Elle se sentait moins oppressée face à la puissance de la famille royale.

Les deux Majestés étaient assis d’un côté de la grande table, Jyle et Ersa face à eux, côte à côte.

Elle sentait le regard de ce dernier en permanence braqué sur elle, mais refusait de le lui rendre de son plein gré.

-Vous êtes aussi élégante que Jyle nous avait assuré, lui avait complimenté la reine.

-Votre compliment me touche beaucoup, Votre Majesté.

-Imaginez notre surprise lorsqu’il nous a révélé son intention de faire d’une villageoise sa princesse. Je n’ai rien contre vous, évidemment, mais comprenez que cela est assez peu commun.

-Je le pense également, approuva Ersa.

Le roi avait pris la parole sur un ton bourru.

-Vous avez été victime du caractère capricieux de mon fils, et je m’en excuse.

-Oh, ne vous inquiétez pas pour cela. Ce n’est rien si l’on compare au geste généreux dont il a fait preuve pour ma famille.

La reine lui avait posé quelques questions sur sa famille, sans être cependant indiscrète. La rencontre avait paru à Ersa plus agréable qu’elle l’imaginait.

A la fin, la reine lui avait appris qu’elle devrait suivre des cours pour approfondir ses connaissances intellectuelles, qu’elle aurait le même mentor que Jyle et que tout se déroulerait à la bibliothèque- les cours ne débuteraient pas tout de suite, afin de lui laisser le temps de se familiariser sans . Le prince en avait profité pour lui proposer de l’accompagner visiter cette salle, mais Ersa avait décliné l’invitation en utilisant sa fatigue comme excuse. Elle avait perçu la déception de son fiancé, et avait ajouté avec empressement qu’ils pourraient le faire le lendemain.

Le jour dit, elle avait oublié et avait passé la journée dans le jardin.

Le soir, après qu’elle eut fini de se doucher, elle entendit quelqu’un frapper à sa chambre. S’attendant à une servante,elle fut surprise d’être face au serviteur exclusif du prince.

<<Il me semble qu’il s’appelle Ayam.>>

En la voyant simplement vêtue d’une serviette enroulée autour de son corps, le jeune garçon détourna subitement le regard.

-Veuillez m’excuser de vous importuner aussi tard…

Elle se hâta de le rassurer.

-Oh, ne t’inquiète pas, ce n’est pas le cas. Je vais m’habiller. Entre, dit-elle en s’écartant.

-Ce n’est pas la peine, je suis juste venu vous prévenir que vos cours débuteront demain. Sur ordre de mon prince, je viendrai vous accompagner à la bibliothèque.

-Je te remercie.

Elle marqua une pause, hésitant à le lui demander.

-Y aura-t-il Sa Majesté le prince?

-Non, il sera à son cours d’escrime. Et je pense que vous étudierez séparément, puisqu’il est plus avancé. Pour…non, rien, excusez-moi.

Un silence inconfortable s’installa entre eux. Ersa voyait bien qu’il désirait lui demander pourquoi elle s’informait de la présence du prince, mais se ravisait, par peur de manque de respect surement. Eprouvant de la sympathie pour lui, elle lui sourit pour répondre à cette question invisible, consciente qu’il pourrait le rapporter à son maître:

-Je me sens mal à l’aise près de lui. Je n’arrive pas à m’habituer à sa présence.

Elle perçut une lueur compatissante dans son regard.

-Je comprends un peu. Il peut être si imprévisible. Mais croyez-moi, euh, c’est un prince bon, à l’écoute des autres. Je sais que vous avez été blessée psychologiquement par lui, mais accordez lui une chance de vous montrer son amour. Je…suis désolé, je me mêle de ce qui ne me regarde pas…

-Au contraire, Sa Majesté le prince a beaucoup de chances d’avoir un ami aussi prévenant que toi.

-Je ne suis pas son ami! Juste un serviteur… Euh, veuillez m’excuser, je vous laisse. Je vous souhaite une bonne nuit.

-A toi également.

Elle le regarda partir, une pointe de nostalgie dans le coeur. Il ressemblait un peu à Salm, avec son caractère maladroit mais aimable.

***

La bibliothèque était un lieu éclairé par un immense lustre en cristal accroché au plafond et était parfaitement à l’abri des bruits extérieurs pour assurer le calme et la tranquilité des lecteurs. Les livres étaient sur les étagères de grands meubles disposés en de multiples rangées jusqu’au fond de la salle, de chaque côté de la pièce, laissant au centre un couloir où se déroulait d’épais tapis persans qui étouffaient les pas. Plusieurs tables y étaient disposées, laissant un espace entre chacun. On trouvait entre les rangées des livres un fauteuil pour se reposer. Un escalier menait au deuxième étage, où les livres étaient plus anciens.

Le professeur l’attendait au fond de la salle, vers la dernière table, les livres déjà sortis. En s’y dirigeant, Ersa constata facilement à quel point ce lieu était vaste.

L’homme, qui se nommait Serpico, était un petit personnage aux yeux ronds dissimulés sous des lunettes de même forme. Il semblait bien âgé, mais parlait avec une voix aigue qui rappelait celui d’un enfant.

Il s’exclama lorsqu’il l’aperçut:

-Ah, vous voilà, princesse…Ersa, c’est bien ça?

-Je vous en prie, appelez-moi seulement Ersa.

-Ah, pas question! Ce serait impoli de ma part. Je ne le ferai que si le prince Jyle vous délaissait pour une autre. Et, entre nous, je pense que cela ne risque pas d’arriver. Durant ces derniers cours, il semblait assez agité et n’écoutait pas le moindre de mes mots. Il n’y a pas besoin d’être devin qu’il s’agit du pouvoir de l’amour. Vous le rendez fou.

Ersa préféra ne pas répondre. Malgré toutes ces éloges sur les sentiments du prince, une part d’elle pensait, espérait, qu’une autre femme réussirait à s’emparer de son coeur, lui permettant de rentrer chez elle. Si cela arrivait, elle prierait pour que sa mère ait eu le temps de guérir. Beaucoup de dames étaient bien plus élégantes qu’elle, cela ne serait pas très difficile.

Et puis…elle, Ersa, une paysanne, sur le trône? Quelle absurdité!

La vérité la frappa de plein fouet. Jusque là, elle n’avait été concentrée que sur sa séparation avec sa famille, mais n’avait pas envisagé l’autre facette de la situation: elle deviendrait reine du royaume d’Onyx, devrait gouverner sur des millions de personnes. Elle avait l’impression qu’une main glacée lui broyait le coeur. Comment avait-elle pu omettre un tel détail? Comment pourrait-elle assurer une fonction aussi importante?

-Princesse Ersa? Votre esprit est-elle partie rejoindre Makim?

-Ah…veuillez m’excuser. Euh, je ne connais pas Makim.

-Je m’en doutais. Il s’agit d’un homme qui, par mégarde, est entré dans un univers qu’il n’aurait pas du découvrir. Nous parlerons de lui durant l’heure de la littérature.

-Ca me semble intéressant.

-Evidemment que ça l’est, dit-il en la regardant comme si cela ne pouvait être autrement.

-Oui, je suis désolée, répondit la jeune fille avec un sourire. J’ai hâte que vous m’enseignez tout ce que vous savez.

-Si je devais le faire, le temps ne nous le permettra pas. Mais je suis satisfait de voir que vous êtes motivée à étudier, j’espère que vous serez plus attentive que le prince.

Elle garda l’image de celui-ci dans un coin de sa tête. Il fallait qu’elle lui parle, même si cette perspective ne l’enchantait guère, mais celle de devenir une princesse puis reine lui plaisait encore moins.

***

Ayam la conduisit dans les appartements du prince. Le moindre recoin était éclairé d’une lumière scintillante. La porte de sa chambre était ouverte.

Ils le trouvèrent avachi sur le balcon, le menton reposé sur la paume, un livre dans l’autre main. ll dut entendre leurs pas car il lança d’un ton las:

-Si c’est père ou mère, je travaille comme vous le voyez. S’il s’agit d’Ayam, laisse-moi…

-Euh, demoiselle Ersa souhaite vous par…

Il n’avait pas terminé sa phrase que la silhouette du prince se redressa brusquement avant de se retrouner, révélant un visage conterné et illuminé. Ersa le salua d’une révérence. A peine eut-elle levé la tête qu’il se trouvait déjà près d’elle, les yeux brillants, un sourire rempli de joie. Devant tant de gaieté, elle hésita un instant à changer le motif de sa venue. Elle dut invoquer le souvenir de sa famille pour retrouver sa détermination.

Ayam s’éclipsa discrètement.

Le prince prit sa main et la baisa sans pour autant la lâcher après:

-Vous êtes magnifique, comme à l’ordinaire. Que me vaut l’honneur de votre visite? J’étais presque prêt à croire que ce jour n’arriverait jamais…

-Votre Majesté…

-Appelez-moi Jyle, ça suffira.

-Eh bien je… je souhaiterais que vous reveniez sur votre décision, celle de faire de moi votre épouse.

Elle baissa les yeux pour ne pas supporter la mine dépitée du prince.

-Je ne veux pas vous traiter d’inconscient, mais je pense que vous avez fait une erreur en me choisissant. Vous épouser signifie également monter sur le trône, gouverner le royaume entier…et je suis incapable de remplir une telle fonction! Je n’en suis pas qualifiée.

Elle reconnut la voix du jardinier crier quelque chose à l’extérieur, puis vint un soupir du prince.

-Je vous avoue que je n’ai pas prêté assez d’attention à ce détail. Ce doit être éprouvant pour vous de devoir songer à un tel avenir…Mais si cela vous fait tant de mal…

Ersa sentit l’espoir la gagner comme une vague… avant de se dissiper injustement.

-Je vous promets que j’assurerai tout le travail qui vous reviendra en tant que reine. Ainsi, vous n’aurez pas à vous inquiéter. Je n’en ai peut-être pas l’air, mais j’en suis capable.

Apparemment, il s’agissait d’une tentative d’humour. Ersa réprima à la dernière seconde l’envie de souffler d’exaspération. C’était la première fois qu’elle se sentait si irritée.

-Votre Maj… Jyle, bien que mon esprit soit modeste par rapport au vôtre, je crois qu’il serait préférable que vous choisissez une femme plus apte à porter la couronne d’Onyx. Vous avez le choix, j’ai vu une multitude de femmes bien plus ravissantes que moi ici, alors… pourquoi moi?

Elle avait presque murmuré ces deux derniers mots. Ils contenaient toute sa perplexité face à la décision du prince.

Jyle libéra sa main mais son regard ne quitta pas le sien. Elle y voyait une telle profondeur qu’elle gardait l’impression qu’il enveloppait son corps simplement avec ses yeux verts à la lumière du soleil.

-J’étais pourtant sur que la principale intéressée de cette question connaitrait la réponse. Mon coeur a choisi de vous aimer lorsque mes yeux vous ont vu. C’est aussi simple que ça. Et je reste persuadé qu’un jour ou l’autre, mes sentiments réussiront à vous toucher et deviendront réciproques.

Ersa sentit quelque chose en elle se briser. Une fissure dans son esprit qui laisserait se déverser tous les sentiments qu’elle refoulait. Elle répondit, la voix tremblante…de rage ou de déception? Elle l’ignorait.

-Je ne comprends pas. Je ne comprends pas pourquoi vous persistez à croire que je préférerais être à vos côtés plutôt que rester auprès de ma famille. Mettez-vous à ma place: si je vous ordonnais d’aller vivre avec moi à la campagne, en délaissant vos parents, comment réagirez-vous?

-J’accepterai.

L’absence d’une once d’hésitation n’agaça que plus Ersa. Cette réponse lui paraissait si désinvolte qu’elle était certaine qu’il ne prenait pas la, sa situation au sérieux. Elle éprouvait un besoin viscéral de s’éloigner de lui.

Elle tourna les talons, lâcha un mot d’excuse avant de partir vers le jardin sans maîtriser son allure, presque en courant.

***

-Mère, le conseil que vous m’aviez donné ne m’aide pas.

Le soir, Jyle avait profité de l’absence de son père, qui était en réunion avec des conseillers, pour aller voir sa mère.

-J’ai fait ce que vous m’aviez dit, ne pas la presser, rester à distance. Elle est venue me voir aujourd’hui, mais uniquement pour me demander de la laisser partir.

La reine, vêtue de sa longue robe de chambre rouge, rit doucement:

-Tu as trouvé une perle rare.

-C’est la première fois que je me trouve confronté à un tel obstacle, affirma Jyle. Pourquoi cela arrive-il avec la seule dont je suis éperdument amoureux?

-L’amour est source d’injustices.

-Et je ne comprends pas. Je lui ai dit que j’étais prêt à la suivre, n’importe où elle désire. J’étais sérieux. Mais elle semblait loin d’être satisfaite de ma réponse.

La reine posa une main rassurante sur son épaule.

-Ne t’en fais pas. Si tes sentiments sont puissants et purs, elle s’en rendra compte. Je pense que je peux essayer de lui parler, pour l’apaiser.

-Elle risque de penser qu’il s’agit d’une de mes stratégies.

-Cela n’arrivera pas. Après tout, je comprends ce qu’elle peut éprouver, il est de mon devoir de l’aider.

Après avoir embrassé sa mère, Jyle rejoignit sa chambre. Il se laissa tomber sur son lit, comme si sa conversation avec Ersa l’avait épuisé. Le poids du chagrin écrasait son coeur. Depuis quand était-il devenu si faible? Il poussa un son, qui ressemblait à un rire amer. Il semblait complètement démuni face à cette femme! Il constatait, dérouté, que ce point ne faisait que renforcer son désir pour elle. Il se souvint alors que son grand-oncle lui avait déjà expliqué cela, quand il était découragé en voyant son premier adversaire au tournoi d’escrime.

-Plus un but semble impossible à réaliser, plus il est intéressant à atteindre.

 

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