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C’est quoi ça?!: Chapitre 5 (fin)

Quelle mauvaise nuit…

J’avais réussi à trouver le sommeil, certes, mais les cauchemars qui me hantaient avaient refusé de me laisser tranquille. Je voyais sans cesse Thomas m’enveloppant de ses grandes ailes noires, m’emprisonnant du monde extérieur. Il me regardait de ses yeux verts, qui se transformaient en deux globules noirs, m’inspirant à l’intérieur de son corps.

Et puis…je m’étais vue, moi, à sa place, tenant un cadavre entre mes mains, le visage défiguré par la rage et le désespoir. Le cadavre s’était peu à peu transformé en Thomas. J’avais ressenti de la peur. La peur de le perdre. Ce fut ce sentiment qui me réveilla brutalement.

Je devenais vraiment folle.

Je chassai toute trace de Thomas de mon esprit et me concentrai sur la belle journée qui s’annonçait devant moi. Je fis tourner en boucle le nom d’Alexis dans ma tête. Le rendez-vous ! Peut-être me tiendrait-il par la main ? Peut-être m’embrasserait-il…

Pendant tout le matin, ce genre de pensées m’occupa l’esprit. Je m’imaginai n’importe quelle scène susceptible de se produire, dans un rendez-vous. C’était mon premier et j’espérai que tout serait parfait. Si ce démon ne venait pas s’interférer, alors j’étais sure à 200% que tout se passerait merveilleusement bien !

Je choisis de mettre une robe à volants que j’avais dénichée miraculeusement au fond de mon tiroir. Elle était bleu clair avec des motifs floraux magnifiques. Je décidai de laisser mes cheveux châtains lâchés et m’autorisai un peu de mascara et de gloss. Heureusement que ma mère m’avait achetée des ballerines !

Après avoir prise une profonde inspiration, je sortis et me dirigeai vers le parc du Vellein.

Le temps était magnifique : le ciel d’un bleu éclatant se déployait au-dessus de la ville, ne laissant aucun nuage assombrir le paysage. Le soleil brillait fortement et, malgré la chaleur, le vent nous rafraichissait agréablement.

J’arrivai en avance et regardai les enfants s’amuser en attendant Alexis. Je ne pus m’empêcher de penser que tout le monde continuait à vivre paisiblement, à s’amuser tranquillement sans se douter de l’existence de créatures malfaisantes tapies dans l’ombre…

La voix d’Alexis me fit revenir à la réalité.

-Désolé, je t’ai fait attendre ?

-Non, je viens d’arriver.

Un vrai début de rendez-vous, comme dans les films…j’étais aux anges.

-Où va-t-on ? Demandai-je.

-Je connais un endroit où ils font de bonnes pâtisseries ! Ça te dit ?

-Bien sûr !

Il m’attrapa tendrement la main, mais de manière tellement inattendue que je sentis mon cœur faire un bond au contact de sa peau. Mes joues s’empourprèrent contre mon gré et je priai qu’il ne remarque rien.

Nous allâmes dans un salon très chic et il fallut que je me retienne d’avaler d’une seule bouchée toutes les délices qui se présentèrent à ma portée. En présence de Léa, cela ne poserait aucun problème, mais j’étais assez intelligente pour savoir que je devais me comporter de façon plus féminine devant mon petit ami !

Il m’emmena ensuite au bord d’un lac où nous discutâmes longuement afin de faire plus connaissance. J’appris que son sport préféré était le basket, qu’il aimait les jeux vidéo, la musique mais aussi lire. Il faisait aussi du karaté et divers autres activités impressionnants les uns que les autres. Un garçon absolument parfait, en somme…

‘’Sa perfection le rend suspect…’’

Qu…mais pourquoi repensais-je aux paroles de Thomas ? Je secouai discrètement la tête. Mais d’autres mots vinrent se superposer sur ceux d’Alexis.

‘’J’ai des doutes à propos de sa véritable personnalité’’ ‘’Ça ne t’étonne pas qu’il s’intéresse si soudainement à toi…’’

Puis ceux de Léa.

‘’On dirait qu’il cache quelque choses.’’ ‘’Fais attention quand même.’’

Bon sang…pourquoi tout cela surgissait dans mon esprit maintenant ? Pourquoi ? Dans quel but ? De quoi ? J’éprouvai une douleur fulgurante dans ma tête lorsque ses paroles me parvinrent clairement.

‘’Fuis.’’

Hein ?

Je tombai à genoux dans l’herbe, la tête entre les mains. Alexis s’arrêta.

-Océane, ça va ?

Je me ressaisis du mieux que possible et me redressai péniblement.

-Ou…oui. Juste un vertige de rien du tout.

Son expression inquiète me fit fondre et j’ajoutai d’une voix enjouée :

-On va où, maintenant ?

Il me rendit mon sourire.

-Si on allait dans un petit bois. C’est un endroit tranquille.

Un sentiment de panique s’alluma automatiquement en moi.

-Tu…ne veux pas qu’on reste ici ?

-Il y a une chose que je voudrais te montrer. C’est une cabane que j’ai construite avec des amis et j’aimerais que tu y jettes un coup d’œil.

Après tout…pourquoi pas ?

-D’accord.

Le bois ne se trouvait pas loin du lac. L’absence de clarté contrastait avec la lumière vive qu’avait éblouie la journée.

Nous nous enfonçâmes de plus en plus entre les arbres et l’obscurité qui accroissait me troublait de plus en plus.

-C’est encore loin ?

-Nous y sommes presque.

Après quelques minutes encore de marche, nous nous arrêtâmes enfin. Mais je ne voyais rien d’autre que d’hautes herbes qui nous entouraient. Aucune présence qui ressemblait à une cabane.

-Où est-ce ?

Ce qui se passa me déconcerta. Alexis fut pris d’un fou rire qu’il ne prit pas la peine de contrôler. Ce rire n’était pas ordinaire : il était moqueur, triomphant.

-T’es vraiment une vraie idiote, ma parole !

Je n’arrivai pas à dire quoi que ce soit. Aucun son ne parvint à sortir de ma bouche paralysée de stupeur.

-Eh, les gars, vous pouvez sortir !

Cinq garçons du collège apparurent autour de nous, riant aux éclats.

Quoi ?

-J’arrive pas à croire que ça ait vraiment marché ! Dit l’un d’eux.

-J’ai donc gagné le pari, vous me devez 20€ !

-C’est bon, Alex, on te les donnera plus tard !

-De…quoi…parlez-…vous ?

Mais je savais déjà ce qui se passait. Les avertissements de Léa et Thomas tournèrent une fois de plus dans mon esprit.

-T’as cru que j’étais intéressé sérieusement à toi ? T’es pas un peu dingue ? En plus de ça, tu me suis ici comme un toutou sans te douter de rien !

-Ha ?

Je sentis mon corps se glacer à ces mots. Il s’approcha de moi et me prit le menton, les yeux brillants de cruauté.

-Je me suis bien amusé avec toi, à te voir te bercer de fausses illusions ! J’étais sûr que t’étais folle de moi alors j’en ai profité. Mais puisqu’on est là, autant continuer, tu ne crois pas ? En plus, tu as eu la bonne idée de porter une robe, alors ce sera plus facile…

Il me poussa violemment et je m’affalai par terre. Il se mit au-dessus de moi et me bloqua les bras. Je réussis à retrouver l’usage de mon corps et essayai de toutes mes forces de me libérer de son emprise. J’y parvins presque mais ses amis m’en empêchèrent.

Je hurlai à en brûler les poumons, en pleurant.

-Hahaha ! Ça sert à rien de crier ainsi, personne ne pourra venir !

Non…non…dans quel pétrin m’étais-je encore fourrée ? Comment avais-je pu être aussi stupide ? Me laisser si facilement bernée … Je continuais à me débattre mais c’était seulement pour attarder le malheur à venir. Mes rugissements de terreur ne firent qu’amuser les garçons.

Non…non…pas ça, non…je regrettais tellement de ne pas les avoir écoutés…j’étais la plus bête du monde…c’était de ma faute…j’enrageais de ma propre naïveté, de ma propre faiblesse.

Pourquoi…pourquoi…je voulais que quelqu’un vienne…ici, m’aider…s’il vous plait…je vous en supplie…je t’en prie…

-THOMAS !

Une tempête surgit brusquement et projeta les garçons à quelques mètres d’ici. Je me sentis de nouveau libre de mes mouvements et me relevai, hébétée.

Mes yeux se posèrent sur une grande silhouette svelte, de grandes ailes noires déployées derrière son dos. Son visage m’était méconnaissable, et pourtant je savais de qui il s’agissait. Thomas était devenu un…adulte. Il n’avait plus le physique d’enfant que je lui avais connu. J’aurais pu rester là, à contempler sa beauté, s’il ne m’avait pas tiré de ma torpeur en s’élançant d’une rapidité surhumaine vers les garçons, encore sonnés. Il ne les laissa pas le temps de se redresser et les envoya valser dans l’air une fois de plus, cette fois par une espèce d’éclair qui leur trancha les T-shirts.

Un brouillard sombre et inquiétant sortit du corps du démon et je ressentis sa puissance oppressante. Je sus tout de suite ce qu’il avait l’intention de faire.

-Arrête !

Il tourna son attention vers moi et je remarquai avec horreur que ses yeux étaient rouges sang. Comme dans le souvenir.

-Laisse-moi les tuer.

-Ça ne t’apportera rien ! Ils sont déjà mal en point, ça suffit comme ça !

Long silence. Finalement, le brouillard s’évanouit lentement et ses pupilles redevinrent verts. Les garçons étaient inconscients, mais respiraient encore.

Thomas s’avança devant moi, sans me jeter un regard et se contenta de dire :

-Allons-y.

Je le suivis en silence quelques instants, avant de demander :

-Comment ça se fait que tu aies autant grandi ?

-Lorsque j’utilise une grande partie de mon pouvoir, je retrouve ma véritable apparence. Mais je vais reprendre le corps d’avant petit à petit.

-Donc tu n’as pas vraiment besoin de moi pour délivrer ton pouvoir.

-Ce n’était rien du tout, ce n’est pas avec ça que je pourrais dominer la Terre entière.

Nouveau silence.

-Comment tu as fait pour m’entendre ?

-Je suis un démon, t’entendre ou sentir ta présence est aussi simple que dire bonjour pour moi.

Silence derechef.  N’y pouvant plus, je lâchai :

-Tu pourrais au moins me blâmer, me reprocher de ne pas t’avoir écouté, mais parle.

-Tu sais déjà tout ça, pas besoin d’en rajouter.

-…pourquoi m’as-tu sauvée ?

-C’est évident, non ? Tu es ma réceptacle.

-C’est seulement pour cette raison que je te suis si précieuse ?

-Tu en vois une autre cause ?

Bien sûr que non…j’avais posé une question totalement ridicule.

Je venais de vivre une grosse déception amoureuse, j’avais failli connaitre l’enfer. Pourtant, je ne ressentais aucune peine. Je ne pleurais pas, j’étais…normale. Je levai les yeux vers Thomas. Il avait repris sa forme d’enfant. Je repensais à ce mot que j’avais entendu dans ma tête, qui était sorti de nulle part. ‘’Fuis’’.

-Thomas, est-ce que tu peux aussi contrôler mes pensées et mes sentiments ?

Il s’arrêta.

-Le lien qui existe entre nous le permet.

-C’est donc bien toi qui m’as dit de fuir, et qui es en train…d’absorber la tristesse que je devrais ressentir en ce moment ?

-…tu es plus perspicace que je le pensais.

-Et…je peux le faire moi aussi, pour toi ?

-Il vaut mieux que non.

-S’il te plait, juste essayer !

-Ce n’est pas un jeu, on ne le fait que par nécessité !

-M’empêcher d’être triste est donc important pour toi ?

Il ne me répondit pas. Il se contenta de me fixer, impassible comme d’habitude. Je soupirai :

-C’est bon, pas la peine de me dire quoi que ce soit. De toute façon, c’est moi qui suis en tort là…je suis désolée de t’avoir causé autant de problèmes, de ne pas t’avoir écouté, sachant que je ne connais rien en l’amour. Et je te remercie d’avoir pris la peine de me sauver, même si tu l’as fait plus par devoir que par choix. Je ne me plaindrai plus et, si ton but est seulement d’être fort sans mettre en danger la population, j’accepte de t’aider.

Il se produisit alors quelque chose de totalement inattendue : il laissa échapper un rire bref. Son sourire le rendit plus…humain et, j’oubliai pendant une seconde qu’il était un démon. Je sentis alors mon cœur remuer pour une raison inconnue qui m’effraya. Ouhla…

-De toute façon, tu es obligée de m’aider. Essaye de voir le bon côté des choses : avec moi, tu ne risques plus rien.

-Et tu pourras me donner les réponses au brevet !

-N’y compte pas.

-Radin !

Bah ! Après tout, pourquoi rejeter ce que la vie nous offrait, aussi étrange soit-il ?

A présent, j’étais consciente que, même si Thomas était un démon, il était aussi doté d’un cœur et de sentiments.Il pouvait faire preuve de générosité, de compassion.

Peu importait ce que l’avenir nous réservait, il serait près de moi. Je l’aiderais, il me protégerait. Nous serions ensemble.

Pour la première fois, je ressentais vraiment que nous étions liés l’un à l’autre.

Oui. J’étais prête à faire face à la nouvelle vie qui s’offrait devant moi.

Enfin presque.

Fin

C’est quoi ça?!: Chapitre 4

‘’Océ, ça va ?’’

J’avais reçu ce message de Léa il y avait une vingtaine de minutes. Avec un soupir, je me daignai enfin à répondre.

‘’Fatiguée, c’est tout.’’

Elle me répondit quelques secondes plus tard.

‘’Révise pas trop quand même, de toute façon, t’as déjà ton brevet.’’

Ne souhaitant pas continuer, je mis un terme à la conversation.

‘’Ouais, t’inquiète. Dois te laisser, a+.’’

Je jetai mon portable à l’autre bout de mon lit et me roulai en boule sous ma couverture. Les rayons de soleil coulaient à flots à travers ma fenêtre, et je percevais malgré moi la lumière provoquée par eux. J’essayai de faire le vide dans ma tête, oublier le monde qui m’entourait, jusqu’à ne devenir qu’une enveloppe charnelle dépourvue de sentiments et de pensées. Mais mes efforts restèrent vains.

De toute façon, comment pourrais-je y arriver, après ce qui m’était arrivé?

Imaginez que vous essayez de sauver un enfant qui se révèle être un démon dont vous êtes liée de force, et qui vous a dit que vous êtes prisonnière à lui pour toujours ? Le fait que je fusse considérée comme une évadée d’un asile psychiatrique m’importait peu désormais.

J’étais restée cloitrée dans ma chambre depuis que j’étais rentrée, réussissant à dissimuler mes larmes de la vue de mes parents.

Je tentai de me rassurer du mieux que possible. Ce Thomas ne pourrait rien faire tant qu’il y aurait des gens à proximité. Même s’ils ne le verraient pas, il y aurait surement des évènements surnaturels provoqués par sa présence qui les interpelleraient ! D’ailleurs…pourquoi étais-je la seule à le voir ? Non, j’avais déjà assez de choses en tête, ce n’était qu’un détail de plus pour me brouiller l’esprit.

Pour la énième fois, je me pinçai violemment le bras, sans conviction. J’avais aussi essayé de faire disparaitre cette marque sur ma main, en passant par l’eau, le savon, les ongles, mais rien n’avait abouti. Je ne pouvais que regarder ce symbole du pacte avec dégoût.

J’aurais bien voulu tout raconter à Léa. Malheureusement, elle était certaine que j’étais déjà folle, et une histoire pareille ne ferait que renforcer cette opinion. Pourtant, j’éprouvais un besoin irrépressible de me confier à quelqu’un. Mes parents ? Cette suggestion s’évapora en un clin d’œil.

Je me rendis compte que je n’avais presque aucun ami proche. J’entretenais de bonnes relations avec des camarades, mais ça n’allait jamais plus loin. C’était surement parce que l’amitié de Léa me suffisait amplement.

Mon portable sonna, interrompant le fil de mes réflexions. Quand on parlait du loup…

Je fis appel à toute mon énergie, me redressai pour attraper le téléphone et décrochai.

-Bon sang, Léa, je t’ai dit qu…

-Océane ? C’est moi, Alexis.

Mon cœur rata un battement en entendant sa voix. Mon dieu, je l’avais pratiquement oublié, alors qu’il était devenu mon petit ami ! Honte à moi ! J’étais trop focalisée sur mon malheur que je n’avais plus prêté attention à mon bonheur ! Je m’insultai intérieurement de tous les noms et me frappai mentalement.

-Océane ? Tu es là ?

-Ou…oui ! Désolée, je ne m’attendais pas à ton appel.

-Oh, je te dérange ? Excuse-moi, je peux…

-Non ! M’exclamai-je. Je n’étais pas du tout occupée !

-Tant mieux, rit-il. En fait, je t’appelle pour te proposer un rendez-vous.

Ce mot me fit tourner la tête.

-Comme il n’y aura pas cours demain, ça te dirait que l’on sorte tous les deux ?

A ce moment-là, j’avais l’impression qu’il n’existait plus qu’Alexis et moi, que nous étions seuls au monde.

-J’accepte !

-Très bien, alors on se retrouve demain à 14h, au parc du Vellein, d’accord ?

-D’accord !

Après cet échange avec Alexis, je me sentis bien mieux. Pour la première fois, depuis l’apparition de Thomas, j’étais heureuse. Demain serait une merveilleuse journée ! J’espérais de tout mon être que tout serait normal. J’avais déjà eu mon lot de surprises pour les jours à venir et plus Thomas était absent, plus c’était mieux ainsi.

Jusqu’à 22 heures, je choisis les vêtements à porter pour le lendemain. Vu mon placard et les habits que je portais habituellement, c’était une tâche très difficile pour un garçon manqué comme moi. Mais j’étais prête à faire cet effort pour Alexis.

Epuisée par cette journée qui m’avait semblée s’étirer sur une semaine entière, je me couchai de bonne grâce. Je fermai les yeux, et laissai mon esprit divaguer pour accéder au monde des rêves, lorsque j’entendis un bruit qui me fit sursauter.

Je me relevai prudemment, tous mes sens en alerte. Je rallumai la lampe et la lumière laissa apparaitre devant moi la silhouette qui me hantait depuis 7 heures. Je voulus crier mais il m’en empêcha avec sa main. Je la repoussai et m’écriai :

-Qu’est-ce que tu fais là ?!

-Je te l’ai dit, où que tu ailles, je te rattraperai toujours.

-Pars d’ici, tout de suite !!

Mes hurlements attirèrent l’attention de mes parents, qui se précipitèrent dans ma chambre.

-Océane, qu’est-ce qui te prend ?

-Souviens-toi que tu te feras passer pour une folle, me rappela Thomas.

-Pas besoin de me le dire, sifflai-je assez bas pour que lui seul ne m’entende puis j’ajoutai à mes parents. C’est rien, j’ai juste fait un cauchemar. Vous pouvez retourner dans votre chambre.

Ils ne se le firent pas prier. Je me tournai vers le démon et poursuivit d’un ton plus bas :

-Maintenant, dégage, laisse-moi dormir.

-Tu peux le faire même si je suis là, je ne te dérangerai pas.

-Tu veux entrer dans mon intimité ? Ça ne te suffit pas de gâcher ma vie ?

-Je resterai près de toi, que ça te plaise ou non.

-Il n’en est pas question ! Tu te tiens loin de moi autant que possible, surtout demain !

-Que se passe-t-il demain ? Demanda-il.

-Ça ne te regarde pas, tu me laisses tranquille, c’est tout !

-Je n’ai donc pas le choix.

En un éclair, il se tint près de moi, son visage à quelques millimètres du mien. Ses yeux pénétrèrent les miens et je n’arrivai pas à me dérober à son regard, malgré mes efforts. La couleur de ses pupilles changea alors peu à peu, passant de l’émeraude au noir obscur.

D’un coup, j’eus l’impression qu’il était capable de…sonder mon esprit. Cela pouvait paraitre totalement absurde (quoi que tout le fût déjà), mais j’avais le sentiment d’être mise à nue, de ne plus avoir de secrets pour lui. Les barrières qui cachaient mes pensées furent complètement détruites devant cet être aussi mystérieux que diabolique. Je le sentais voyager à travers mes souvenirs, creuser là où il voulait, explorer les moindres recoins de mon âme.

J’essayai d’échapper à son emprise, mais cela était impossible. Sa puissance était écrasante. Alors je décidai de faire de même avec lui : je fis appel à toute mon énergie et tentai d’entrer à l’intérieur de son esprit. Le contact de nos regards avait créé un lien entre nous qui permettait cet acte insensé. Je le savais.

Alors que je réussis à forcer ses barrières, je fus submergée par une mare de pensées, de sentiments et de souvenirs ténébreuses. Je ne parvins pas à les déchiffrer, seulement à recueillir quelques brins qui ne me servirent pas à comprendre. C’était comme si j’étais en train de me noyer. J’étais emportée par des vagues violentes qui ne me laissaient aucun repli, je tournai dans l’eau sans savoir où j’étais. Inconsciemment, je tendis ma main et elle s’agrippa à quelque chose. Je le tirai vers moi et ouvris les yeux. C’était imprécis mais j’étais certaine qu’il s’agissait d’un souvenir. L’image qui se présenta devant moi n’était pas nette, mais cela ne l’empêcha pas de m’effrayer.

Un ange noir tenant dans ses bras une personne déchiquetée, défigurée au point d’en être méconnaissable.

Cet ange noir avait le visage déformé par la rage, le désespoir, les joues baignées de larmes qui ne cessaient de couler de ses yeux rouges sang.

Cet ange noir était un démon.

Ce démon était Thomas.

Stupéfaite, je fus projetée brutalement loin de cette rivière noire et me retrouvai à nouveau dans ma chambre. J’étais exténuée, comme si j’avais couru un marathon.

Que s’était-il passé pour que Thomas ait été dans un tel état ? Et ce mort…un proche ? Cette image me bouleversait malgré moi.

Je repris mon souffle, et levai mes yeux vers Thomas. Ses prunelles étaient redevenues vertes, et il me regardait avec une expression à la fois énervée et terrifiée.

-Qui t’a permise de fouiller dans ma tête ?

Je réussis à me reprendre en main tant bien que mal.

-Et toi alors ? C’était quoi tout…ça ?

Un moment de silence ensuivit mes paroles. Il se pinça l’arête du nez et se calma.

-Je voulais savoir ce qui se passait demain pour que tu tiennes à ce point à me tenir à l’écart. Donc c’est à cause de cet Alexis.

-J’y crois pas, c’est pour ça que tu es entré dans mon esprit ?

Toute trace de peine pour lui avait disparu.

-Il ne doit y avoir aucun secret entre toi et moi.

-C’est sûr que maintenant, il n’y en a plus !

Je me sentais humiliée. En un rien de temps, il savait tout de moi, même les parties les plus intimes de mon être. J’avais terriblement mal au cœur rien qu’à cette pensée. Alors, en plus de tuer, les démons avaient le pouvoir de pénétrer dans les esprits des gens ? C’était complètement horrible !

-Tu ferais mieux de rompre avec lui.

-Quoi ? Dis-je, déroutée.

-Sa perfection le rend suspect. J’ai des doutes à propos de sa véritable personnalité.

-Tu te prends pour le détective de l’amour ? M’esclaffai-je. Tu ne le connais même pas.

-Ça ne t’étonne pas qu’il s’intéresse si soudainement à toi, alors que vous ne vous êtes jamais parlés ?

-‘’Le coup de foudre, ça existe tu sais’’. Ah non, j’oubliais, tu ne connais rien en l’amour alors arrête de me donner des leçons compris ? Vous, les démons, vous ne pouvez pas savoir ce que l’on éprouve quand on aime quelqu’un ! Vous n’êtes que des monstres insensibles à toutes émotions !

La réaction de Thomas m’ébahit : il devint étrangement pâle, les yeux pétrifiés de terreur, la mâchoire contractée. Alors le souvenir horrible que j’avais vu refit surface. Je m’étais trompée dans mes mots, j’en avais conscience…

Je songeai à m’excuser mais il ne m’en laissa pas le temps. Il était redevenu calme.

-Je n’arrive pas à croire qu’il puisse t’aimer, toi. Alors qu’il y a des filles beaucoup plus séduisantes à ses pieds.

-Ton honnêteté me touche beaucoup… quoi qu’il en soit, je peux me passer de tes conseils. Tu ne me colles pas aux basques, demain, point barre !

Je me rallongeai, et lui tournai le dos. Je l’entendis murmurer :

-Faudra pas venir se plaindre…

J’entendis sa présence s’évaporer.

Je songeai contre mon gré à l’image que j’avais perçu à travers sa mémoire…à cause d’elle, je ne savais quoi penser de lui…

La douleur qui transparaissait dans ses yeux me hanta jusqu’à ce que je plonge dans un sommeil agité.

A suivre…

C’est quoi ça?!: Chapitre 3

Cuic cuic…oh, un chant d’oiseau…flap flap… un bruissement d’ailes…un oiseau, des ailes…

J’ouvris brusquement les paupières. J’étais en plein milieu d’une forêt. Les arbres cachaient les rayons de soleil qui tentaient de s’infiltrer à travers le feuillage vert, et éclairer le paysage sombre dans lequel j’étais. Assise sur le sol poussiéreux, je regardais où j’avais atterri. Enfin où il m’avait fait atterrir. Il était appuyé contre un arbre, impassible, ses ailes repliées dans son dos.

Je me levai et courus vers lui, bien décidée à avoir des explications. Je sentais brièvement une petite brûlure à la main, mais n’y prêtai pas attention.

-Qu’est-ce que c’était, tout ce truc ?

-Tu n’as pas oublié quelque chose ? Dit-il sans me regarder.

-Quoi ?

-Je t’ai sauvé deux fois de suite, ne mériterais-je pas un remerciement de ta part ?

-Deux fois ?

-De la voiture et des gens.

-Tu délires, c’est moi qui t’ai secouru alors que tu allais te faire écraser ! Dormir sur la route, tu n’avais pas une meilleure idée ?

-Je ne risquais rien. Tu as failli mourir pour rien. La voiture me serait seulement passée à travers sans me faire la moindre égratignure.

-Tu n’as pas une excuse plus crédible, gamin ?

-Gamin ? S’étonna-il. Sache que j’ai au moins 5 fois ton âge, humaine.

-L’humaine, elle a un nom et c’est Océane ! Et faut noter que t’as une sacrée imagination ! T’as même pas le double de ma taille et de mon âge ! Tu te fais passer pour un démon ou quoi ?

-Je ne me fais pas passer pour, j’en ‘’suis’’ un.

Je m’esclaffai sans retenue.

-C’est ça, je te crois ! Dis-moi plutôt comment tu as fait pour endormir ces gens, grâce à une plume !

-C’était juste une technique que tout démon se doit de connaître.

-Et comment tu as fait pour t’envoler avec ce déguisement ?

-Ce n’en est pas un.

-Quand as-tu l’intention de me dire la vérité ?!

-C’est ce que je fais.

-Arrête de paraitre aussi calme !

-C’est toi qui es énervée pour rien.

Rien que le fait de parler avec ce gamin m’avait épuisée.

-Tu es un magicien, c’est ça ?

-Ne me compare pas avec ces êtres inférieurs. Est-ce qu’un de ces débutants de magiciens arriverait à faire ça ?

Sur ces mots, il arracha deux plumes noires, le posa sur une branche d’ un arbre et dessina dans les airs une croix. Je n’en crus pas mes yeux : les feuilles se réduisaient en cendres et l’arbre mourait à vue d’œil. Une aura blanche en sortit et disparut. J’eus du mal à ravaler ma salive.

-Même le plus expérimenté des magiciens n’arriverait pas à enlever la vie d’autrui de cette manière-là.

-Satan…dis-je dans un souffle.

L’enfant se tourna vivement vers moi et pour la première fois, ses yeux exprimèrent autre chose que de l’indifférence. Ils brûlaient de rage. J’aurais presque pu dire cela au sens propre : j’avais l’impression que des flammes dansaient dans ses prunelles.

-Ne prononce pas ce nom avec tant de facilité, siffla-il entre ses dents.

Je n’osai même pas répliquer. Puis il redevint ‘’normal’’.

-Alors…les démons existent ?

-C’est bien ce que je te dis depuis tout à l’heure.

A ce moment-là, je savais que je n’avais d’autre choix qu’y croire, aussi incroyable que cela puisse paraître. Sinon, comment expliquer tout ce qui s’était passé ?

-Comment t’appelles-tu ?

-Dans le monde des humains, je m’appelle Thomas. Tu n’as pas besoin de connaitre mon vrai nom.

-Et…qu’es-tu venu faire ici ?

-Dominer cette planète, répondit-il sans ciller.

Je ne savais plus quoi penser. Il m’expliqua :

-Je ne veux pas vraiment soumettre tout le monde sous mon règne, ou quoi que ce soit dans ce genre.  Je souhaite seulement étendre mon pouvoir et devenir plus puissant que mes confrères. Et la Terre me semble un endroit approprié pour cette expérience.

Il s’arrêta, puis soupira avant de poursuivre :

-Cependant, je ne peux pas libérer toute ma puissance ici tout de suite et seul. Pour cela il faut du temps et…un réceptacle.

-Un réceptacle ? Répétai-je, déroutée.

-Une personne qui me permettra de déverser petit à petit entièrement mon pouvoir dans ce monde.

Son regard était à présent posé sur moi. Un regard décidé dont j’avais peur de comprendre le sens.

-Tu peux me voir, me toucher, sentir ma présence.

-…et…

-Tu seras ma réceptacle.

Silence.

Sa réceptacle ? Comment ça ? Que…mais…enfin…

-Non !

-Pour quelle raison ?

-Je ne te suis pas vraiment, mais je sais que je ne veux plus rien avoir à faire avec toi ! Tu es un…démon, donc un être diabolique, cruel, non fréquentable ! Je refuse de te servir de réceptacle ou quoi que ce soit ! Va-t’en et laisse-moi !

-Vois-tu, c’est trop tard.

Il désigna ma main. Je posais mes yeux sur elle et la contemplai avec un mélange de consternation et d’horreur.  Un symbole rouge était dessiné sur le dos. C’était un pentagramme entouré de plusieurs mots impossibles à déchiffrer. C’était donc cela qui me brûlait…

-C’est le signe de ton pacte avec moi. Tu n’as pas d’autre choix que d’accepter d’être ma réceptacle.

-Tu n’as même pas demandé mon avis ! C’est absolument…

-Injuste ? Je m’en moque de la justice. Au lieu de te plaindre ainsi, estime-toi heureuse que je te fasse un tel honneur.

-Lequel ? De vivre auprès d’un monstre pour toujours ? Merci, ça me fait franchement plaisir !

J’avais les larmes aux yeux, mais les refoulai rapidement. Ma vie était en train de tourner au désastre de manière incroyable, complètement inattendue.  Que devais-je faire, bon sang ? Pourquoi moi ? Qu’avais-je fait pour mériter qu’un tel malheur s’abatte sur moi ? Le miracle qui s’était passé avec Alexis me semblait si lointain à présent, comme si c’était dans une autre vie.

Je tournai les pieds et commençai à courir le plus vite possible.

-Où vas-tu ?

Je ne répondis pas. Il se posa devant moi, m’arrêtant dans ma fuite.

-Dégage !

-Où que tu ailles, tu ne pourras pas m’échapper. Tu es liée à moi, ne l’oublie pas.

Sur ces mots, il déploya ses magnifiques ailes et s’envola haut dans le ciel, jusqu’à ne devenir qu’un point noir. J’étais seule alors, dans la forêt, livrée à mon destin funeste.

Je rentrai chez moi lentement,  sans tenter de dissimuler les larmes ruisselant le long de mes joues pâles.

A suivre…

C’est quoi ça?!: Chapitre 2

J’attendis.

Mais rien ne venait. Ou bien c’était seulement parce que la mort m’avait déjà enlevée toutes sensations. Je n’entendis plus le moteur de la voiture, mais des voix effrayées s’élever autour de moi. Etais-je en enfer ? Mais cela ne ressemblait pas aux lamentations de douleur, seulement à des cris de surprise et de panique.

J’eus le courage d’ouvrir les yeux. ..Et ne compris rien.

Au début, je ne vis que la clarté du ciel s’ouvrir devant moi. Je pensai alors être au paradis, puis mon champ de vision s’agrandit. Des dizaines de personnes s’étaient pressées autour de moi et m’observaient. J’étais allongée sur le dos, par terre. Je sentais encore mon cœur battre dans ma poitrine. Je respirais encore. J’étais toujours dans le monde des vivants.  Je bougeai sans difficulté mes doigts, mes orteils.

Mon heure n’était donc pas venue ? Je tentai de me redresser et des bras me soutinrent. Je ne pris pas la peine de vérifier qui était-ce. J’avais la tête qui tournait méchamment et une grosse migraine. Je perçus quelques brins de phrases.

-…lez bien ?

-…as blessée ?

-…bulance !

Je voulus leur dire que j’allais bien, qu’il n’y avait pas d’inquiétude à avoir (enfin c’était ce que j’espérais), mais aucun mot ne sortit de ma bouche.

Le souvenir de l’enfant s’éclaira brusquement dans mon esprit. Où était-il ? S’occupait-on de lui ?

Ma curiosité me donna la force de me relever, tant bien que mal, et je regardai autour de moi. Mais les corps des autres me bloquèrent la vue.

-Ne vous inquiétez pas, j’ai appelé une ambulance ! D’ici là, reposez-vous.

-Vous n’avez pas l’air blessée.

-Mais qu’est-ce qui vous a pris de vous jeter sur la route ainsi ?!

Je me tournai vers la voix. C’était celle d’un homme, qui était surement le conducteur.

Je parvins à articuler :

-Vous ne l’avez pas vu…il y avait un gamin couché là…

-Tu as halluciné, c’est ça ?

-Mais non ! Vous l’avez remarqué, vous, n’est-ce pas ? Ajoutai-je à l’attention de tous ceux autour de moi. Le garçon déguisé.

Je ne reçus que des réponses négatives et des murmures agaçants. J’étais à présent considérée comme une folle ! Je me creusai un passage entre les corps en les forçant à se pousser. J’étais sure de n’avoir pas rêvé ! Enfin presque.

C’est alors que je le vis. Il était assis sur l’herbe et me regardai d’une expression détachée. Ses yeux de couleur émeraude étaient anormalement pénétrants. Avec son déguisement, il avait réellement l’air d’un ange noir descendu du ciel.

-Voilà, c’est lui ! Dis-je aux autres en montrant l’interessé du doigt.

Les regards qu’ils me lancèrent se firent encore plus inquiets.

-Donc tu peux me voir.

Je sursautai à l’intervention de l’enfant. Il avait une voix mélodieuse, magnifique…étrangement intimidante.

-Ne te fatigue pas, ils ne peuvent pas percevoir ma présence, poursuivit-il.

-Ne raconte pas n’importe quoi…

-Et voilà qu’elle parle toute seule, marmonna une femme.

-Espérons que l’ambulance arrive vite, souffla un homme.

Quoi ? Mais de quoi parlaient-ils ? J’étais perdue, complètement perdue.

-Vous êtes aveugles ou quoi ? Explosai-je. Si c’est une blague ce n’est vraiment pas drôle !

-C’est à nous de te demander ça…

-Je te l’ai dit, ils ne me voient pas, répéta l’enfant. Tu te fais passer pour une dingue, là.

Je n’arrivais pas à répliquer. Tout ce que je souhaitais à présent, c’était de ne plus essayer de comprendre quoi que ce soit, de m’enfuir, de me réfugier dans ma chambre et continuer à dormir jusqu’à ce que ce cauchemar disparaisse. Tant pis si le rêve avec Alexis devait s’en aller avec !

Le gamin avait dû percevoir mon désespoir. Il se leva en s’étirant.

-Bon, n’oublie pas de me remercier.

Je ne pus lui demander ce qu’il racontait encore.

Il prit une plume d’une de ses ailes et le lança vers le groupe de personnes. Puis il pointa son index vers eux et dessina un symbole dans les airs, tandis que la plume volait toujours. Leurs corps furent pris alors d’un tremblement violent, avant de s’effondrer. Je contemplai ce spectacle, horrifiée.

-Ne me dis pas qu’ils sont…

-Malheureusement, non. On devrait partir avant qu’ils ne se réveillent.

Il prit derechef une plume, la lança vers moi et dessina un nouveau symbole.

-Qu…

-Voilà. A présent, tu es invisible mais cela ne durera que quelques minutes.

Il me prit par la taille et, sans me laisser le temps de le repousser, déploya ses ailes…et vola. Oui, comme un oiseau. Je vis le paysage rétrécir au fur et à mesure qu’il s’élevait vers le ciel. Je n’eus pas assez de force pour prononcer un seul mot. Je m’évanouis alors au milieu de milliers de questions qui me brouillaient l’esprit.

A suivre…

C’est quoi ça?!: Chapitre 1

-Eh Océane, tu m’écoutes ?

Je me retournai vers Léa.

-Bien sûr, pourquoi ?

-Alors tu es d’accord que Taylor Lautner est plus beau que Justin Bieber, pas vrai ?

-Ben…oui !

-Je vais te tuer !

Les yeux de mon amie semblaient envoyer des éclairs. Ce qui signifiait que j’allais peut-être mourir dans la seconde qui venait.

-Dis-moi tout de suite ce qui t’arrives, me lança-elle.

-Qu’est-ce qu…

-Tu viens de te trahir toi-même en répondant à ma question.

-J’ai bien fait, non ?

-Je ne parlais pas du tout de ça ! Tu penses vraiment que c’est mon genre de débattre sur ce genre de choses ?

Evidemment que non. J’étais stupide de ne pas avoir fait attention à ce détail. Léa, qui parlait de garçons ? Autant dire que Taylor était moins beau que Justin ! Mon amie me fixa d’un air impatient, et je sus que je n’avais que deux choix : tout lui avouer et avoir la vie sauve, ou bien ne rien dire et faire mes prières. J’eus la bonne idée de choisir le premier.

-C’est Alexis…dis-je en regardant l’interessé.

-Il t’a fait quelque chose ?

-Non, c’est que…je crois que je l’aime.

-Quoi, toi aussi ? Soupira Léa en levant les yeux au ciel.

J’étais loin d’être la seule à être tomber sous le charme de ce garçon. Alexis avait tout pour plaire. C’était un beau garçon aux cheveux blonds et aux yeux aussi bleus que la mer. En plus de son physique ravageur, il avait de nombreuses autres qualités : gentil, attentionné, drôle, intelligent, sportif…il était parfait. Trop parfait pour s’intéresser à une fille aussi banale que moi. Mais rien n’empêchait de rêver, si ?

-Oui, moi aussi, confirmai-je. Mais j’y peux rien, tu comprends, non ?

-Je ne sais pas…je le trouve un peu bizarre.

-Bizarre ? M’étonnai-je.

-Oui, je ne l’aime pas trop. On dirait qu’il cache quelque chose.

-Léa, tout le monde a des secrets !

-C’est pas ça le problème. Mais fais attention, quand même.

Même si je ne la comprenais vraiment pas, je hochai la tête en signe d’acquiescement.

Si Alexis était dans ma classe, j’aurais peut-être pu tenter quelque chose…mais tant de différences nous séparaient. Tant pis.

La sonnerie retentit et nous nous dirigeâmes vers notre salle de physique. Alors que je montais les escaliers, je vis un éclair noir dans les airs. Je m’arrêtai, intriguée, et me retournai. Mais rien d’étrange. Surement mon imagination. Je me dépêchai de me remettre en marche sous les insultes très amicales des autres collégiens.

Hormis le français, les maths et l’histoire, je rêvassais durant les autres cours. A quoi cela servait d’écouter, puisque ces derniers ne me serviraient pas pour le brevet ? Nous étions vers la fin de l’année, et si j’avais eu le choix, je serais restée chez moi à réviser.

A la fin de cette heure, je me précipitai vers la sortie, pressée de rentrer et de manger un bon goûter. J’avais facilement faim, ce qui me posait pas mal de problèmes question ‘’Comment empêcher son ventre de gargouiller’’.

Alors que je vérifiai mes messages sur mon portable, une voix masculine m’interpella :

-Océane ?

Je me retournai et mon étonnement décupla en voyant Alexis, souriant. Me souriant. Je sentis mon corps s’enflammer et eus peur de me consumer réellement. Je dus faire une drôle de tête car il poursuivit avec un rire mélodieux :

-Qu’est-ce qu’il y a ? On dirait que tu as vu un fantôme.

Ah…il fallait que je trouve quelque chose à dire…

-Euh…Nutella !

Silence. Mon esprit voulut s’enterrer dans un trou et ne plus jamais en sortir. Mais qu’est-ce qui me prenait de penser à la bouffe alors que j’étais face à une occasion de…de le séduire ? Non, c’était un bien grand mot. Bref, il devait me considérer comme une dingue sans cervelle (ce qui n’était peut-être pas totalement faux). Je tentai de me rattraper :

-Enfin, je veux dire…comment tu me connais ?

A ma grande surprise, il semblait gêné par ma question. Il passa élégamment sa main dans ses magnifiques cheveux blonds, geste qui fit craquer mon cœur.

-Eh bien…disons que je suis quelque peu intéressé par toi.

Nouveau silence. Je pensais m’être bien lavée les oreilles ce matin ! Ou bien c’était seulement mon imagination farfelue qui me jouait des tours.

-Désolée, j’ai mal compris. Qu’est-ce que tu as dit ?

-Bon sang, Océane, tu ne sais pas que c’est difficile de faire une déclaration ? S’esclaffa-il. S’il te plaît, ne m’oblige pas à répéter.

Une…déclaration ? Déclaration de quoi…de guerre ? Mais qu’est-ce que j’avais fait ? Il voulait se mesurer à moi, c’est ça ?

-Mais je ne sais pas jouer…

-De quoi tu parles ?

-Ben, du foot.

Il me regarda avec des yeux ronds avant d’éclater de rire derechef.

-Tu es vraiment marrante, comme je m’y attendais ! Comment tu fais pour arriver à des histoires aussi complexes ? Je dois tout te dire clairement pour que tu comprennes ?

-Quoi ?

-Je t’aime.

J’eus l’impression de ne plus exister. Ces mots me transpercèrent de part et d’autre sans que je m’y attende, bien que ce ne fût pas une sensation désagréable. Je ne pus m’empêcher de m’exclamer :

-Tu plaisantes, là ? C’est pas possible, on ne s’est jamais parlé !

-Le coup de foudre, ça existe tu sais.

Je n’arrivai pas à y croire. Je me pinçai discrètement très fort le bras, mais le rêve ne se dissipait pas. Tout ça allait trop vite, je n’avais rien vu venir. Et je ne pensais pas qu’Alexis était assez cruel pour faire une fausse-joie pareille.

-Comme c’est bientôt la fin de l’année, j’avais peur de regretter de ne pas t’avoir avoué les sentiments. Alors je me suis lancé. Désolé si ça t’a paru un peu brusque.

Il pourrait m’expliquer comment j’arriverais à lui en vouloir, avec ce visage irrésistible et cet air timide qui me faisait fondre?

J’avais l’impression que ma tête était vide, mais que mon cerveau tournait à toute vitesse. Il m’avait choisie, moi, parmi toutes les jolies filles qui étaient sous ses yeux ! Finalement, je m’étais trompée. Peut-être que je dégageais un certain charisme, à ma façon (si je le disais à Léa, sa réaction me vexerait).

Je rassemblai toute ma confiance, plantai mon regard dans le sien, et me lançai à l’eau.

-Moi aussi, je…je t’aime !

La surprise, le soulagement, puis la joie se peignirent tour à tour sur son visage.

-Alors…tu acceptes de sortir avec moi ?

-Bien sûr ! Dis-je un peu trop précipitamment, mais cela n’eut pas l’air de le déranger.

Durant l’instant où nous nous échangeâmes nos numéros, où il m’offrit un baiser sur le front et où il partit, j’avais l’impression de vivre dans un monde différent d’il y avait 15 minutes. Une partie de mon âme trouvait cela étrangement précipité, mais je ne fis pas attention à ce détail. Désormais, j’étais devenue la petite amie d’Alexis, le garçon le plus populaire du collège ! Celui que tout le monde admirait et aimait m’appartenait, à moi, une fille tout ce qu’il y avait de plus banale !

Je ne pus m’empêcher de gambader, ignorant les regards des autres. J’étais dans mon petit monde et me demandai si je devais lui envoyer un message. Mais pour lui dire quoi ? Peu importe, je voulais seulement parler avec lui !

Alors que je m’apprêtai à écrire un SMS, une silhouette noire attira mon attention. Je me figeai sur place, totalement sortie de mon petit cocon tranquille.

Un enfant déguisé était allongé en plein milieu de la route ! Hormis sa peau blafarde, il était entièrement noir. Ses cheveux, son déguisement qui était composé d’un petit débardeur, de collants…et d’une paire d’ailes. Les bras croisés derrière sa tête, il avait les yeux fermés. Je n’arrivais pas à y croire : le gamin dormait ! Je jetai un coup d’œil autour de moi et remarquai avec consternation que personne ne lui prêtait attention.

Je n’eus pas le temps de me demander ce qui se passait : je vis, effarée, une voiture foncer, comme si de rien n’était.

Tout sembla se passer en une fraction de seconde : mes jambes bougèrent automatiquement et me portèrent jusqu’à l’enfant. Je me retrouvai près de lui et mes bras le poussèrent hors de la route. Je perçus deux prunelles vertes se fixer sur moi, ainsi que la voiture.

Je n’aurais pas le temps de m’écarter. C’était trop tard. A mon étonnement, je ne ressentais aucune peur, juste une déception. J’aurais voulu vivre plus longtemps, avoir le temps d’être avec Alexis, pouvoir encore m’amuser avec Léa, voir ma famille…

Je voulus évoquer un visage familier, n’importe laquelle, dans mon esprit. Papa…Maman…Léa…Alexis… En vain.

Je fermai les yeux tandis que la voiture fonçait sur moi.

A suivre…

C’est quoi ça?!: Chapitre 0

Cette histoire est dédiée à une de mes amies qui traverse une épreuve très difficile… J’espère que lire ce petit récit la fera sourire et l’aidera à surmonter cet obstacle! 

Eh, Sunshine, quoi qu’il arrive, je te soutiendrai! Yosh!!^^

C'est quoi ça?!: Chapitre 0 dans Histoire: C'est quoi ça?! (finie) garcon-manga-demon-img

Chapitre 0

-Non…George, ne me quitte pas…

Malheureusement, le rêve se dissipait trop rapidement, sans que je ne puisse essayer d’y replonger dedans. Je sens peu à peu le matelas, l’oreiller contre mon visage, ainsi que les rayons de soleil filtrer à travers les rideaux de ma fenêtre. Je n’ouvre pas les yeux tout de suite, profitant de ce moment de tranquillité.

Moment qui ne durera pas longtemps. Je dois aller en cours, oui…mais ce n’est pas vraiment la raison de mon épuisement quotidien depuis ces derniers temps. Rhaa…je ne veux pas me lever et affronter cette journée qui promet d’être aussi étrange que les précédents… Qu’est-ce que je ne donnerais pas pour retourner dans les bras de mon George chéri ! Hélas, la réalité est cruelle…et farfelue en plus…

A peine quelques secondes après mon réveil, je perçois déjà une présence près de moi. Une présence auquel je ne m’habituerai surement jamais…même si mes sentiments, eux, pourraient peut-être évoluer…et je crois que c’est bien parti, malgré son caractère insupportable.

-N’entre pas dans ma chambre comme ça, sale parasite, je fulmine en ouvrant les paupières.

-C’est bon, c’est pas comme si t’étais en train de t’habiller.

Je tourne mes yeux fatigués vers ce garçon si agaçant…enfin ‘’garçon’’ n’est pas vraiment le mot approprié pour décrire cette espèce de…de créature.

Bon, je pense que je devrais commencer par le commencement. Une histoire dingue je vous préviens. Libre à vous de me croire.

Tout remonte à deux jours.

Deux jours seulement qui vont changer toute ma vie.

A suivre…




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