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Archive pour la Catégorie 'Histoire: Imagination (one shot)'

Imagination

  Imagination

          

Comment me suis-je retrouvée là ? Je ne sais pas. La seule chose qui me vient à l’esprit, ce sont ses pensées suivantes : « c’est dingue ! » Je suis sous un ciel de couleur sang, dans un grand paysage sombre et lugubre,  avec seulement un pyjama. Je tourne sur moi-même, espérant en vain apercevoir quelque chose de familier. Mais je ne vois qu’une étendue de piques  d’hérissons implantées dans le sol et, à part ça, rien à l’horizon. Un lieu aussi étrange peut-il réellement exister ? Je me frotte les yeux plusieurs fois mais rien ne change. Je m’avance prudemment et pose délicatement mon pied nu sur une pique. Je remarque que ça ne fait pas du tout mal. C’est comme du caoutchouc, alors je commence à marcher dessus, tout en essayant de me rappeler où j’étais avant d’arriver ici.

Je me souviens de ma journée. J’ai eu un contrôle en maths qui m’a posée pas mal de problèmes ; Julie m’a confiée qu’elle aimait le même garçon que moi ; j’ai eu 15/20 en physique ; mes parents se sont encore disputés ce qui m’a vraiment fatiguée. Alors je suis allée dormir très tôt. Ensuite ? Le trou noir. Cette situation me rappelle les histoires fantastiques dont je raffole. La plupart du temps, l’héroïne se fait enlever par de mystérieux magiciens, car elle possède en elle un grand pouvoir. Peut-être que je suis comme elle. Néanmoins, je ne vois aucune créature magique ou même une présence humaine.

Soudain, je constate que les piques commencent à durcir. Je les sens à travers ma peau et je baisse les yeux vers mes pieds. Ils sont percés et du sang jaillit doucement des blessures. Je panique et me mets à courir en sautillant afin d’éviter le mieux possible les piques. Je veux crier mais étrangement, aucun son ne sort de ma bouche. Tout à coup, une forêt se matérialise devant moi. Elle n’a pas l’air très accueillant mais mes jambes m’emmènent contre mon gré à travers les arbres ténébreux. Je m’arrête enfin pour prendre mon souffle et remarque que le sol est devenu plat et poussiéreux. Mes pieds sont dans un sale état mais ne saignent plus. Je n’ai plus mal. Je ne comprends rien. Je lève la tête vers les arbres. Ces derniers me dominent de toute leur hauteur, me donnant l’impression d’être un petit cafard perdu au milieu des géants. Devant moi, il n’y a rien qu’un tunnel sombre, mystérieux. Derrière moi, je constate que le paysage avec ses piques d’hérissons ont disparu. Comme s’il n’avait jamais existé. J’ai le sentiment que je ne peux plus faire machine arrière, peu importe ce qui arrive. Partagée entre la peur et la curiosité, je m’engouffre alors dans cette grotte, laissant derrière moi cet endroit aussi hostile qu’incompréhensible.

                  ***

 

Hormis le bruit des gouttes d’eaux sur les roches humides, je n’entends rien. Le tunnel est d’une profondeur étonnante et je ne suis même pas sure d’arriver au bout un jour. Je commence à perdre la notion du temps. Je ne sais pas si dix minutes sont passés mais je ne suis pas sure que cela fait plus d’une heure que je marche. Plus j’avance, plus je me demande ce qui m’a pris d’y aller. Je pense que j’ai toujours été comme ça : trop téméraire au point de se mettre bêtement en danger. Il m’est arrivé de me mettre dans des drôles de situations mais je m’en suis toujours sorti grâce aux gens de mon entourage. Mais là, j’étais seule. Aucun signe humain. Peut-être qu’il y a un animal tapi dans ces ténèbres mais je ne pense pas qu’il me verra autrement que de la nourriture.

Mes jambes cèdent brusquement et je tombe à plat ventre sur la terre moite. Je ne ressens plus aucune énergie dans mon corps. Je n’ai même plus la force de me relever et de retourner à la case départ. Je n’arrive pas à croire que je sois aussi faible dans un moment aussi dingue que celui-ci. Alors tout ce que j’ai à faire maintenant, c’est de rester sagement là et mourir à petit feu, tout en attendant qu’une personne découvre par hasard cet endroit inconnu. C’est tout ? J’ai envie de pleurer mais mes larmes refusent de couler. J’ai envie de râler mais ma gorge est sèche. Alors je continue de ne rien faire, seulement à me tenir allongée là, à me plaindre du monde, de son existence et de mon existence, à l’intérieur de moi. Puis, je ferme les yeux.

***

 

Un crépitement…un deuxième…plusieurs autres…c’est un feu je pense…suis-je en enfer ? Pourtant, il n’y a aucun cri d’agonie comme le dit dans les livres.

J’ouvre les paupières pour découvrir un toit sombre et humide, ce qui m’informe que je suis encore dans le tunnel. Une lumière jaunâtre causée par les flammes éclaire le souterrain. Je tente de me relever mais une voix humaine survient :

« Il vaut mieux que tu te reposes encore. »

Intriguée, je ne l’écoute pas et me redresse,  non sans mal. Je vois d’abord une silhouette d’homme assise.  Je mets quelques instants pour retrouver toute ma vue et l’homme me parait plus clair. Il s’agit plutôt d’un jeune garçon et doit avoir le même âge que moi. Enfin je crois. Son visage a un côté très mature mais très enfantin aussi. Ses yeux sont d’un noir ténébreux et ses cheveux ont une couleur châtain et des reflets roux. Il porte une tenue d’explorateur vert kaki qui lui va à merveille et de longues bottes noires.  Ça m’étonne un peu de dire ça, mais c’est le plus beau garçon que j’ai vu. Et pourtant, il n’a rien de particulier. Il me sourit chaleureusement, les bras autour de ses jambes :

« Tu vas mieux ?

-Qu’est-ce que tu fais ici ? Je demande subitement.

-Je te retourne la question ! S’esclaffe-il et son rire résonne mélodieusement entre les parois. Je t’ai découvert étendue sur le sol, inconsciente. On peut dire que tu m’as fait une belle frousse !

-Je…je me suis perdue, je balbutie.

-Il est rare de trouver quelqu’un ici, surtout une enfant.

-Et toi, pourquoi es-tu là ?

-J’habite ici.

-Quoi, dans cette grotte ?!

-Eh bien, on va dire que cette île m’appartient, me rectifie-il avec un sourire. Il n’y a personne dans les environs à part moi.

-M…mais… »

Je reste perplexe devant lui, des questions me brûlant les lèvres. Comment ça, il est la seule personne qui vit ici ? Depuis quand existe-il une île pareille ? Pourquoi n’en ai-je jamais entendu parler ? Que va-t-il faire de moi à présent ? Pourquoi est-il aussi beau ? Où se trouve la nourriture ?

Finalement, je commence par la plus banale :

« Comment t’appelles-tu ? »

Au moment où il ouvre la bouche, une succession de prénoms envahit mes pensées, se bousculant bruyamment. J’ai pu attraper quelques-uns tels que ‘’Victor’’, ‘’Jeremy’’, ‘’Damien’’, ‘’Nathan’’, ‘’Sacha’’, ‘’Austin’’…Quand il s’est arrêté, sans perdre son éternel sourire charmeur, j’ai eu l’impression de sortir d’une foule à Carrefour en plein solde. J’acquiesce tout de même avec un air pas très convaincu, mais il ne m’en fait pas la remarque.

« Et toi ?

-Euh…Alice.

-Comment as-tu fait pour trouver cet endroit ? Cela m’étonnerait qu’un petit moment d’égarement t’ait amené jusqu’ici.

-Je ne peux pas te l’expliquer, je ne comprends rien moi non plus…je me souviens juste d’avoir été dans mon lit en train de dormir, et puis je me suis retrouvée sur cette île. »

Il semble réfléchir, ce qui m’indique que je ne dois pas me trouver ici normalement. Au bout de quelques secondes, il dit avec un petit rictus aussi inattendu que ses paroles :

« Tu dois être la fille que tout le monde cherche alors. »

Je le regarde, abasourdie.

« Tu sors d’où cette histoire ?

-Les loups garous et les licornes ont ordonné à tout le monde de te capturer. Puisque tu as volé le sceptre sacré, ce n’est pas surprenant.

-Mais qu’est-ce que tu racontes ?! Je croyais qu’il n’y avait perso…

-Ne fais pas l’innocente, je sais bien que c’est toi qui l’as ! Allez, tu peux bien le montrer à ton sauveur, non ? »

Ça doit bien être la première fois où je me sens vraiment perdue. Son visage a perdu son expression aimable et chaleureuse, remplacée par une attitude froide et sarcastique. Depuis quand, un humain peut-il changer autant après quelques instants ? Depuis quand les créatures de contes de fées existent-ils ? Depuis quand suis-je devenue une voleuse recherchée ?

Soudain, je sens une part de moi-même remuer dans mon esprit. J’ai alors le sentiment de comprendre de quoi il parle, qu’il dit la vérité. Des souvenirs refont surface et ce sont bien les miens.

            J’entre dans un sanctuaire.

            Je tue avec une épée tous les gardes qui se dressent avec moi, sans la moindre exception.

            J’avance jusqu’à une grande porte et l’ouvre.

            Devant moi se dresse le sceptre sacré, celui qui tient en vie la nature toute entière.

            Avec un sourire cruel, je détruis d’un coup de poing la vitrine qui le conserve, comme si ce n’est que de la pâte à modeler.

            Je m’empare du trésor.

            Je sens son pouvoir se déferler en moi, avec une telle puissance que ma tête est sur le point d’exploser.

            J’ai le temps de voir par la fenêtre le paysage se vider de sa beauté et devenir sombre.

            Ensuite…

J’essaye de rechercher ce qui se passe ensuite, en vain. C’est comme s’il n’y avait rien après cela. Inconsciemment, je mets la main dans le sac qui est à côté de moi. Je ne me demande même pas depuis quand il est là, comme si c’était normal que les objets apparaissent d’un coup, comme ça.

Je sors alors le sceptre. Je ne sais pas comment le décrire : je n’arrive pas à voir quelle apparence il a vraiment. Je peux tout de même constater qu’il est en or. Je pense alors, je sais en fait, qu’il est majestueux, magnifique. Des mots sortent de ma bouche sans que j’en aie envie :

« Je l’ai enfin… »

Oui. Je le voulais depuis longtemps. Pourquoi déjà ? Ah oui, pour ça…ou bien pour ça…peu importe, je le convoitais. Et à présent, je l’ai, c’est tout ce qui compte. Le garçon me regarda d’un air partagé entre l’excitation et le sérieux :

« On va enfin pouvoir le soigner… »

Un visage se dessine dans ma tête, de façon très brève. Un vieillard très ridé, des yeux transparents comme des billes, un sourire niais. Grand-père.

            J’ai sept ans. Je cours dans la prairie, au milieu des grandes herbes vertes et fraîches, un petit animal en bois dans ma main. Lorsque j’aperçois la petite cabane, j’accélère le pas, je trébuche et m’étale. Du sang coule le long de mes jambes. Lorsque j’ai voulu crier, mon ami apparaît devant moi. Il me porte jusqu’à chez nous. Je lui montre mon œuvre.

            « C’est pour pépé ! »

            Il sourit. Je le trouve très grand. Normal, il a cinq ans de plus que moi. Il est beau. J’aime bien regarder ses yeux, toucher ses cheveux châtains, sentir sa présence.

          Dans la maison, nous retrouvons grand-père, allongé sur son lit, épuisé. Il est trop malade. Quand nous nous approchons de lui, il ouvre à peine les yeux mais s’efforce de sourire. Je mets mon cadeau sur sa table de nuit, très fière de moi. Il me remercie, puis retombe dans le sommeil. 

           J’ai grandi.

           Un jour, mon ami m’entraîne dans la forêt. Il veut me parler. Il me dit qu’il sait de quoi souffre grand-père. C’est à cause de la nature qu’il est aussi mal en point. Comment le guérir alors ? Il y a un moyen. Nous pouvons prendre l’essence de la nature.  L’essence ? Oui, son énergie qui lui permet de vivre. C’est le sceptre sacré, caché dans le sanctuaire derrière les montagnes. Nous pouvons le prendre et offrir la totalité de la vitalité qu’il conserve à grand-père. C’est à toi de le faire. Moi ? Et pourquoi pas toi ? Parce que.

 

            Je remets l’objet dans le sac et me lève, suivi de mon compagnon. Il me prend par la main, et nous sortons de la grotte. Je ne peux m’empêcher de sourire. Nous allons réussir ! Enfin ! Je sens aussi qu’il partage la même joie que moi. Son regard doux me transperce, comme d’habitude.

Sur le chemin du retour, nous ne rencontrons aucun ennemi. Il nous a fallu que quelques minutes pour descendre les montagnes, traverser la rivière et sortir de la forêt. Nous courons ensuite vers la maisonnée, ouvrons ensemble la porte et découvrons l’effroyable spectacle. Je n’ai même pas la force de crier, je reste figée. Tout est sens dessus-dessous, mais ça je m’en moque. Son corps est allongé sur le ventre, sa tête à côté. Du sang dégouline de ses yeux vitreux, de sa bouche grande ouverte, et de ses narines. Son visage est tourné vers moi et son regard semble dire : ‘’Vous avez échoué…’’

Grand-père est décapité.

Grand père est mort.

Je m’aperçois que la main de mon ami est encore dans la mienne. Il la serre fort, je le sais, mais je ne ressens pas la douleur. Je ne peux détacher mes yeux du cadavre et je devine que lui non plus. Soudain, il me prend dans ses bras et mon regard se fixe sur sa veste d’explorateur. Mes larmes ne viennent pas, j’ai la gorge sèche, je sens une brûlure acide dans mon estomac, je commence à trembler.

Nous entendons des bruits de pas et deux silhouettes apparaissent dans l’entrebâillement de la porte. Ils ouvrent cette dernière et sourient en nous voyant. Je remarque alors que l’un d’eux tient une épée ensanglantée. Mon cerveau vibre à la vue de celle-ci et je laisse mes membres réagir.

Avant qu’ils n’aient pu faire quoi que ce soit, je m’écarte de l’étreinte de mon compagnon, m’élance vers celui avec l’arme et l’abat d’un coup de pied.  Je n’attends pas qu’il s’effondre pour m’attaquer au deuxième de la même manière. Ils essayent de se relever, mais je prends l’épée et les abat avec. Du liquide rougeâtre gicle sur mes vêtements, je ne prête pas grande attention. Mon ami m’entraîne dehors, nous courons à perdre haleine puis nous arrêtons au fin fond de la forêt. Nous ne nous essoufflons pas. Mes larmes arrivent enfin et coulent le long de mes joues. Je ne peux pas m’empêcher de hoqueter violemment. Il m’enlace derechef, et je me blottis contre son torse. La chaleur de son corps m’apaise lentement, et plusieurs minutes après, je parviens à contrôler mes tremblements. Je lève la tête vers lui et remarque que lui aussi a pleuré. Il caresse mon visage et nous nous regardons tristement. Le voir si malheureux me pince douloureusement le cœur. Il me dit, de sa voix pleine de tendresse :

« On reste ensemble, hein ?

-Oui…je réponds, en m’accrochant à lui. »

Il approche ses lèvres des miennes, quelques millimètres nous séparent à peine. Je perçois son haleine se mélanger au mien.

Tout à coup, il lève brutalement la tête, effrayé, et mon espoir de l’embrasser s’estompe.

« Des gens approchent. »

Nous nous apprêtons à partir, trop tard. Des silhouettes apparaissent à travers les arbres obscurs, des armes à la main. Les soldats forment un cercle autour de nous, ne nous laissant aucune échappatoire.  L’un d’eux s’avance, suivi par tous les autres, un sourire aux lèvres.

« Vous êtes cernés, misérables insectes ! »

Je me mets dos à dos contre mon compagnon afin de nous protéger mutuellement. Je n’ai même pas le temps de souffler que nos poursuivants se jettent sur nous, dans un unique cri de guerre. Je pare un coup de hache et retourne l’attaque contre l’utilisateur. La confusion nous sépare très rapidement. J’essaye de repérer mon allié, en vain. J’ai l’impression de combattre des heures, je ne reçois que des blessures superficielles, et les ennemis ne diminuent toujours pas. Je ne le vois nulle part, mon inquiétude s’amplifie de plus en plus. A présent, il ne me reste que lui. Le perdre lui-aussi serait mourir définitivement.

Je sens une main attraper mon bras et tente de me dégager, avant de m’apercevoir que c’est lui. Il se crée tant bien que mal un chemin entre les soldats. Je me prépare à recevoir un coup qui m’achèvera mais rien ne vient. Nous nous écartons d’eux, dans une course folle. Bientôt, les éclats de voix s’évanouissent. Je n’ai pas la force de me demander comment nous avions pu réussir à sortir aussi facilement de ce guêpier, je me contente d’être infiniment soulagé. Lorsque nous nous arrêtons, je constate alors que mon sauveur se tient le ventre. Ce dernier est rouge de sang, à mon effarement. Il s’effondre, et je l’aide aussitôt à se mettre contre un arbre. Il a l’air tellement fatigué, tellement faible… Son teint a pris une couleur extrêmement pâle. J’enlève ma veste- sans vraiment remarquer que mon pyjama ait été remplacé par des vêtements de ville-, et le presse doucement contre l’entaille. Je sais qu’elle est profonde et que…non je chasse cette idée impossible de ma tête. Alors que j’effectue soigneusement ma tâche, il agrippe ma main, arrêtant sa guérison. Des mots rauques, ceux que je redoutais tant, sortent de sa bouche.

« Cela ne sert à rien…tu as compris, non ?

-Ne raconte pas n’importe quoi, laisse-moi faire.

-Non…pars avant…avant qu’ils ne te repèrent…

-Tu me prends pour qui ? Je ne te laisserai pas seul !

-Cela ne sert… à rien que je vienne aussi, répète-il entre deux toux. Je vais mou…

-NON, TAIS-TOI ! Arrête de parler, repose-toi… »

Je sens les mots se bousculer afin de sortir le premier de ma bouche, je ne sais pas par où commencer, je ne comprends plus le sens de mes phrases, mais je sais que lui si, quoi, pourquoi tu dis ça, pourquoi tu me fais ça, ce n’est pas vrai, tu vas vivre, tu avais promis, que l’on resterait ensemble, pour toujours, quoi qu’il arrive, hein, oui on va vivre en la mémoire de grand-père, ensemble, on affrontera tous les dangers, on sera uni, rien ne peut nous séparer, rien du tout, je te protégerai, tu me protégeras, on fera tout ensemble, on parcourra le monde, on découvrira pleins de nouvelles choses, on s’amusera, on rigolera, on pleurera, on avancera, tout ça ensemble, pas vrai, alors…alors…

« Je t’interdis de mourir ! »

Je pleure sans m’arrêter, je crie à pleins poumons, afin de le dissuader de sombrer dans les ténèbres à jamais. Il sèche doucement mes joues humides, ses lèvres étirées dans un sourire tranquille. Il m’attire contre lui, son sang s’imprègne sur mon pull. Caresse tendrement mes cheveux, et pose un baiser rempli d’amour sur mon front. Me chuchote quelque chose qui tombe aussitôt dans l’oubli. Je ne peux pas m’écarter de ses bras, je n’en ai pas le pouvoir. Je ne peux pas admettre la douloureuse vérité, je ne le veux pas. Peu à peu, sa main retombe le long de mon dos, son étreinte faiblit, il ne bouge plus, ne respire plus.

Je reste immobile.

Je suis seule.

J’ai tout perdu.

Je n’ai plus rien.

J’ai tué la nature. La nature m’a tué.

Je vois des pieds devant moi qui s’approchent. Je n’ai pas entendu les soldats venir. Tout cela m’importe, à présent. Je tente toutefois de lever mon regard vers le visage de mon amour perdu, afin de garder une dernière image de lui, mais ma tête refuse d’émettre le moindre mouvement.

Tout se mélange dans mon esprit, je perds le fil de la vie, de mon existence. Avec une dernière pensée pour les deux personnes qui ont compté pour moi, je ferme les yeux, et bascule à mon tour dans l’obscurité.

***

 

Le réveil sonne. Ma mère va encore s’énerver. Il est temps de se réveiller. Je n’ai pas envie d’aller en cours. Mais la vie n’est pas un rêve…

 

 




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